Mes lectures

« L’institut » de Stephen King

Je viens de finir « L’Institut » de Stephen King. J’ai compté (oui oui) c’est le 71ème livre de King que je lis ! ça semble incroyable et pourtant même au bout de tant de romans lus, dévorés même, mon avidité pour le roi ne s’émousse pas ! j’en viens à me demander si mon objectivité ne serait pas un peu bridée, une rétention incontrôlée pour cet auteur devenu presque comme un ami (un ami psychopathe mais un ami quand même) tant on a envie de passer du temps à le lire et dont on pardonnera les quelques légères (très légères pour moi) baisses « l’excellentitude ».

Encore une fois le Maître aura trouvé un sujet à traiter original et inventif et même s’il joue « encore » sur le registre de « Ça » ou « Stand by me » avec sa bande de jeunes ami(e)s « à la vie à la mort » on adhère et on adore. A croire que King doit être le meilleur pote du monde tellement il traite l’amitié comme LE sentiment ultime indéchirable et indéfectible. C’est incroyable de réaliser que même dans des situations de tensions, de stress, d’angoisse voir de terreur on aurait presque envie de faire malgré tout partie de leur bande et d’être avec eux tant le lien qui les unit est incroyablement fort et puissant.

Les thèmes de la télékinésie et télépathie sont ici bien mis en avant et les jeunes héros que nous suivons malmenés, brutalisés dès leur arrivée dans cet « institut » ne peuvent qu’être pris en sympathie tant le calvaire qu’ils endurent est terrible. Certaines scènes particulièrement éprouvantes rendent cet institut comme un véritable lieu de torture et d’expérimentation à la limite d’un laboratoire nazi.

J’ai adoré la première partie du livre où justement nous suivons nos jeunes surdoués de l’étrange tentant de survivre dans les méandres de cet institut glauque et traumatisant. Les détails des expérimentations et les traits des personnels de l’institut sont tellement bien décrits que l’on souffre avec eux. J’aurais aimé que cette partie dure plus longtemps car j’ai trouvé un peu trop longue la seconde partie, le rythme s’essouffle un peu et on perd je trouve l’attrait de l’histoire qui est somme toute plutôt manichéenne (mais c’est si je veux laisser une petite critique « négative » au roman et donner un coup de pied à ma non-objectivité).

La fin bien qu’un peu spectaculaire et « science-fictionnesque » n’a pas réussi à me faire venir les larmes aux yeux ni me faire dresser les poils des bras comme certains autres King mais elle reste quand même touchante et remplie de tendresse, notre écrivain s’assagirait-il pas un peu ?

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« Miroir de nos peines »

Je viens de finir « Miroir de nos peines » de Pierre LEMAITRE. Troisième volet du triptyque « Au revoir là-haut » « Couleurs de l’incendie » et donc « Miroir de nos peines ».

Nous sommes ici aux prémices de la drôle de guerre, l’ambiance lourde et angoissante de l’éclatement est très bien rendue, surtout avec les personnages de Gabriel et Raoul dont les truculentes aventures militaires prêtent souvent à sourire malgré la dramatique situation.

Plusieurs histoires sont racontées à travers ce roman, l’histoire de Louise, celle de Raoul et Gabriel donc, celle de Fernand et Alice (sans doute la moins marquante pour moi) et surtout celle de Désiré ! Aaaah Désiré ! brillantissime caméléon polymorphe affabulateur et mystificateur de talent. On suit avec délectation ses tribulations impeccablement mises en scène par Lemaître. L’histoire de Louise, touchante et adorable jeune femme dévouée mais perdue au milieu de cette guerre et en quête de vérités sur ses parents va être le point de mire de l’histoire.

Les personnages de ce roman vous l’aurez vite remarqué sont ciselés au scalpel, on suit leurs errances avec régal malgré les horreurs de l’exode des Français devant l’offensive allemande. Cette débâcle et certains aspects quand même mal connus de la seconde guerre mondiale (l’exode pénitentiaire entre autres) sont magistralement racontés par Lemaître dont le réalisme nous glace le sang.

Si ce n’est le fait que l’on suive Louise, béquille salvatrice d’Edouard Péricourt la gueule cassée de « Au revoir là-haut », rien ne nous ramène aux deux premiers tomes ; ce roman pourrait se lire indépendamment des deux autres. La trame de fond de l’histoire reste quand même classique et, je trouve, un peu moins originale que « Au revoir là-haut », et « Couleurs de l’incendie », mais les personnages ici croqués sont là pour rehausser à merveille les couleurs de ce tableau. Malgré quelques longueurs en milieu de roman, et une fin un peu trop convenue peut-être (j’attendais une fin en panache comme dans le premier tome) la qualité d’écriture de Lemaître et sa riche documentation font une nouvelle fois de ce roman une pièce inévitable.

Des petites pépites de moments savoureux ou touchants (mention spéciale pour Michel !) me restent encore en mémoire pour élever ce roman parmi les meilleurs que j’ai lus cette année !

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« Les invisibles » de Roy Jacobsen

Je viens de finir « les invisibles » de Roy Jacobsen. Petit roman mais grande impression ! on voyage dès le début du livre : nous sommes au début du XXeme siècle sur une toute petite île au large de la Norvège, proche du cercle polaire, guère loin des Lofoten. Sur cette île y vit une famille : les Barrøy. Ils sont cinq seuls sur cette petite île où tout semble hostile et inhospitalier. La vie insulaire peut faire rêver mais… pas sur cette île. On est plus proche de la survie que de la vie et cette rudesse semble infinie.

J’ai été un peu surprise en commençant la lecture. Le style si particulier, c’est froid, c’est rude, c’est direct et laconique, c’est sans concession, à l’image de la dureté de la vie sur cette île. Tel les Barrøy sur leur terre il m’a fallu dompter cette écriture qui tel un cheval fougueux nous entraine sur les paysages rugueux de l’île. Ce silence qui rend fou, ce froid qui grignote chaque centimètre de la terre et de la peau, cette faim qui tiraille, cette fatigue qu’il faut oublier, cette mer nourricière et meurtrière, chaque description est un coup de poignard affaiblissant nos idéalismes.

Puis après quelques pages une fois le style et l’écriture apprivoisé l’histoire de cette famille s’impose à nous tel un tableau fataliste et résilié. Au fil des saisons où l’hiver semble s’éterniser et « l’été » ne durer que le temps d’un soupir nous établissons notre place au sein de cette famille à tel point qu’on semble en faire partie. Les désespoirs les malheurs, le labeur incessant, la pauvreté, la misère même sont tellement plus présents que les moments de joie ou d’espoirs. Pourtant on les envirait presque tant leurs liens leur ténacité, leur courage semblent indestructibles. Plus il fait froid plus la chaleur au sein de leur famille s’impose. Cette vie c’est une lutte perpétuelle pour la liberté.

C’est le roman qui fait relativiser, qui fait réfléchir sur son égocentrisme, une vraie introspection qui fait du bien et nous ramène sur terre. Un petit bijou de lecture tel le diamant brut qu’est ce petit bout de terre loin de tout. Hâte de lire les 2 suites de ce livre !

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« Art nouveau »

Je viens de finir « Art nouveau » de Paul Greveillac. Un roman avec un titre comme celui-ci ne pouvait que me mettre l’eau à la bouche et, me frottant les mains, j’en salivais d’avance. Bon, j’ai un peu bavé mais pas longtemps…

Malgré une écriture particulière, très classique, rapide, incisive, assez brute finalement, les premières pages mystérieuses donnaient envie de plonger dans l’ambiance Budapestoise de cette fin du XIXème siècle. On suit l’arrivée dans la capitale hongroise de Lajos Ligeti, jeune juif viennois, des rêves et des ambitions architecturales démesurés plein la tête, mais qui malgré lui devra vite réfréner ses ardeurs.

J’ai aimé la première partie du livre avec cette ambiance particulière de l’est de l’Europe, en plein mouvement emplie d’appétits, de projets et de richesses. J’ai découvert la vie passionnante et bouillonnante des cabinets d’architectes avec leurs appels à projets, leurs concours, les tractations, leurs contraintes et leur concurrence féroce. La description des constructions et leurs technicités particulières, les idées modernes de certains se confrontant aux esprits classiques d’autres… Ce sont les débuts de l’architecture tout béton…. Tout cet aspect est vraiment intéressant mais il faut aimer sinon ça peut vite devenir rébarbatif voire ennuyeux.

La seconde partie est nettement moins réjouissante malheureusement. Sur fond de montée des nationalismes et l’antisémitisme, dans un empire austro-hongrois en pleine transition, la vie du héros du roman va être malmenée mais paradoxalement devenir nettement moins intéressante. On finit par tourner en rond, d’échecs cuisants en trahisons professionnelles, de désillusions en manque d’émotion on s’endort sur l’histoire qui n’en est plus une, sur des rêves qui deviennent des fantasmes. Dommage que l’auteur n’ait pas plus appuyé le trait sur les personnages du livre qui, peu creusés, deviennent fades et inintéressants. Difficile de ressentir pour eux la moindre empathie malgré la rudesse des épreuves. On s’essouffle et les pages deviennent de plus en plus difficiles à tourner.

Je retiendrai malgré tout l’originalité de l’histoire, Le monde mystérieux et impitoyable des cabinets d’architectes, les éléments historiques véridiques, le fait de croiser des personnages forts et emblématiques des lieux et de l’époque : Egon Schiele, Belà Bartok… mais le livre reste je pense plutôt clivant et assez fastidieux.

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« L’énigme de la chambre 622 »

Je viens de finir « l’Enigme de la chambre 622 » de Joël Dicker.

J’avais hâte de savoir si la déconvenue que j’avais ressentie avec son dernier roman « la disparition de Stéphanie Mailer » n’était que passagère ou si elle se confirmait. Bon, ça me fait mal au cœur de le dire, mais elle se confirme. Le début du roman était presque prometteur, j’ai bien aimé l’ambiance Genevoise, (mon voyage à Zurich m’est revenu en mémoire comme une riche et douce parenthèse). J’ai également apprécié l’originalité du milieu dans lequel se passe le roman : monde luxueux de la Banque, puis une histoire de meurtre, de trahison, d’amour, du presque banal mais agréable à lire. Et puis tout à coup patatras ! le subterfuge est dévoilé et le charme envolé. Tel un mauvais Deus ex machina le « mystère » révélé est d’une incrédibilité frisant l’indécence. Je crois que je n’ai jamais vu une si ridicule apothéose, je me suis sentie flouée, bafouée, presque humiliée de penser que le lecteur (en l’occurrence moi) se laisserait prendre à une telle escobarderie.

Difficile pour moi d’éprouver de l’empathie pour des personnages richissimes, roublards, et nés avec une cuillère en argent dans la bouche, et de croire que dans ce monde de requin qu’est la finance, les héros du roman se soient laissé berner comme ça. Bref, j’ai un peu eu l’impression que Dicker lui-même – en voulant absolument faire un panégyrique à la gloire de son défunt éditeur – s’est laissé submerger par la difficulté à trouver une fin originale à son histoire. Le style d’exécution fait quasi théâtral, caricatural, ça pourrait presque être du Feydeau tant le trait est exagéré et les dialogues frôlant le comique de situation voire la niaiserie (tellement peu crédible pour des magnats de la banque Suisse).

J’ai l’impression de ressentir ce qui s’est passé avec Douglas Kennedy dont j’avais adoré les premiers romans et qui depuis quelques années s’est enfermé dans un style nettement moins convaincant. La qualité d’écriture reste fort heureusement là et même si la déception m’aveugle un peu ce roman moyennement bien m’attriste surtout pour Dicker qui je l’espère saura vite retrouver l’éblouissant chemin sur lequel j’avais parcouru « la vérité sur l’affaire Harry Quebert » et « le livre des Baltimore ».

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« Là où rêvent les étoiles »

Je viens de finir « là où rêvent les étoiles » de Eric Marchal. Ah quel bonheur, quel feu d’artifice, quelle révélation de lire un roman pareil ! enfin ! après plusieurs lectures mitigées dernièrement re-voilà un roman qui tire vers le haut !

Dès les premières pages nous sommes transportés en 1918 entre les murs du palais de l’Alhambra à Grenade dans le sud de l’Espagne. Quel dépaysement, quel voyage, quel enchantement… la visite du palais est juste extraordinairement si bien dépeinte que les odeurs, l’ambiance, les couleurs turbides nous explosent au nez et aux yeux. C’est un maelstrom olfactif apaisant, une farandole de mosaïques architecturales qui sont décrits et qui nous font voyager à travers ces pages. Entourés d’azulejos bleus tous plus beaux les uns que les autres, dans la chaleur de Géhenne de l’Andalousie, entre les murs délabrés de cette acropole dans laquelle nous errons, on s’émerveille et s’émeut.

Le roman se déroule entre 1863 et 1918 mais pas chronologiquement. Ces ricochets temporels ne sont pas du tout gênants et très bien compréhensibles. Tout commence par la rencontre en Espagne de Clement Delhorme (le passionné de météorologie et pionnier des vols en altitude en ballon) et Gustave Eiffel (le fameux ingénieur architecte). Des étincelles de la rencontre vont découler les futurs bouleversements technologiques des métiers-passions respectifs des deux Hommes.

Les vies des deux protagonistes vont être jalonnées de bonheur, de doutes, de réussites, de traîtrise mais aussi d’échecs et ainsi engendrer les merveilles architecturales que nous connaissons. Ici sont mêlées la fiction et l’Histoire. Si Clément Delhorme n’a pas existé, ses travaux et expériences ont bien été menés. Quant à Eiffel c’est avec délectation que nous allons suivre ses constructions toutes plus emblématiques les unes que les autres (notamment le sublime pont Maria Pia à Porto au Portugal, le Viaduc de Garabit dans le Cantal entre-autres, sans oublier, bien sûr, ses œuvres majeures : la splendide statue de la liberté à New York et la Tour Eiffel à Paris).

Le destin de ces deux génies sera à la hauteur de leurs rêves.

Quel travail ! quelle richesse ! Ce roman est tellement bien documenté tellement riche en faits et personnages historiques que l’on ne peut que sortir grandi après une telle lecture. C’est tout ce que j’aime ! des faits historiques, des destinées travaillées, creusées, des voyages, des découvertes… bref, je n’ai guère trouvé de défauts à ce roman hormis peut-être, si on veut être objectif, quelques longueurs en dernière partie de livre mais toujours anoblies d’anecdotes architecturales, historiques et technologiques (on assiste aux balbutiements de grandes découvertes en matière de photographie et médecine notamment).

Bref, j’ai rencontré des personnages illustres (Victor Hugo, Jules Ferry, Bartholdi, Emile Zola, Flammarion…) j’ai voyagé (j’ai l’impression de connaître chaque recoin de l’Alhambra, chaque pièce, chaque azulejo, de reconnaître aitre l’odeur de chaque fleur, la splendeur de chaque bassin), j’ai l’impression de connaître chaque boulon du pont de Porto et chaque rivet de la Statue de la Liberté…

De l’Eden Andalou à la grisaille Parisienne en passant par le chamarré Porto l’exotisme est au rendez-vous, la passion également… je n’ai pas vu passer les 730 pages.

Là où rêvent les étoiles… je ne sais pas… mais dans mes yeux elles ont bien scintillé.

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« Impact » d’Olivier Norek

Je viens de finir « Impact » d’Olivier Norek. Une nouvelle fois un livre conseillé par ma collègue de travail qui est fan d’Olivier Norek.

Décidemment je crois que je ne suis pas aussi amatrice qu’elle… pourtant ce roman partait d’une bonne – excellente même – intention : le postulat est planté dès le début : notre planète Terre souffre ! tous les problèmes écologiques sont ici évoqués : le dérèglement climatique, la fonte des glaces, la pollution des océans, des terres, de l’air, la disparition des animaux, la déforestation, la disparition des espaces sauvages, les pandémies… bref toutes les horreurs commises directement ou indirectement par l’Homme y sont ici ouvertement dénoncées. Les « coupables » sont dévoilés, accusés, manipulés, humiliés…  

Bon vous l’aurez compris l’Ecologie est le maître mot de ce roman. Mais même avec les meilleurs acteurs du monde si le scenario est trop léger le film sera un navet… et bien là c’est le cas. Le roman est « vide ». Il a été, on le sent, écrit un peu à la va-vite pendant le premier confinement dû au CoVid. Notre actualité a donné des idées à Norek pour écrire ce roman se voulant coup de poing et exutoire mais je n’ai malheureusement pas accroché (et pourtant je le voulais…). Sur fond d’une banale et facile histoire de kidnapping Norek aligne paragraphe après paragraphe la liste des catastrophes écologiques dont nous souffrons. Tout est malheureusement survolé, effleuré, chatouillé mais aucune solution n’est abordée ; finalement nous n’apprenons rien et finissons par déprimer de désespoir… Quant à la fin alors là… j’ai ouvert tout-rond les yeux d’incrédulité et de scepticisme… bon…

Malgré le message (encore une fois plus que louable) qu’il a voulu transmettre Norek reste pour moi un écrivain qui ne cherche pas trop la difficulté. J’ai toujours un sentiment d’affleurement et la profondeur me manque désespérément dans ses livres… dommage car les sujets sont originaux et méritoires et dénoncent toujours un malaise sociétal mais rahhh… il me manque l’étincelle… dommage, mon exigence littéraire me perdra.

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« Bonne nuit maman »

Je viens de finir « Bonne nuit maman » de Seo Mi-Ae. Encore un livre prêté par ma collègue qui – a priori –  ne m’attirait pas trop mais qui au vu de la couverture m’a donné envie ; En effet lorsqu’il y a écrit « le silence des agneaux coréen » on ne peut qu’être attirée par ce roman ! d’autant plus qu’en quatrième de couverture il est question d’une chanson des Beatles ! donc plusieurs signaux étaient réunis pour que ce roman me plaise… Bon ben on est loin, très loin d’Hannibal Lecter ! certes il est question d’un serial killer mutique emprisonné qui souhaite parler à une criminologue pour lui raconter sa vie mais les similitudes s’arrêtent là…

On va suivre les échanges entre Seon-Geyong (la criminologue – qui vient de voir sa vie bouleversée par l’arrivée de Ha-yeong – la jeune fille de son mari dont elle ne connaissait pas l’existence) et Byeong-do (le serial killer). En parallèle on découvrira que la belle-fille est loin d’être le petit ange fragile et mignon qu’elle semble refléter.

Ça se lit bien c’est original car l’ambiance et les personnages coréens changent de nos standards « américano-européens » mais j’attends encore les frissons promis… alors c’est vrai qu’il est question d’une chanson des Beatles (et le choix de cette chanson m’a plutôt dérouté : ce n’est ni une connue ni la plus belle mais elle colle bien au personnage dérangé du roman). La fin est plutôt téléphonée et guère flippante malheureusement bien qu’un peu dérangeante…

Bon, un petit roman Corréen au suspens relatif mais inconfortable. Apparemment il serait le premier tome d’une future trilogie… je ne sais pas si je lirai les 2 suivants. On est un peu perturbé avec les noms coréens des personnages qui sont très similaires mais ça fait « parti du jeu ». Bref… les frissons que j’attendais n’auront été causés que par les températures glaciales du printemps qu’on subit…

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« La Sorcière »

Je viens de finir « La sorcière » de Camilla Läckberg.

Dixième volet de la saga « Erica Falk » dont bien évidemment j’avais dévoré les 9 premiers. Je ne vais pas faire un copié-collé de ma critique précédente sur le neuvième tome de la saga (le dompteur de lions) mais je pourrais… Effectivement, même si la trame de fond est toujours la même (un meurtre étrange en lien avec une histoire parallèle passée, une enquête bien menée, un suspens ben maîtrisé et une fin « introuvable ») j’ai toujours autant de plaisir à retrouver l’ambiance suédoise, les personnages que l’on connaît par cœur maintenant et l’écriture tellement plaisante de Läckberg.

L’histoire parallèle se déroulant au XVIIème siècle dans le Bohuslän en pleine chasse aux sorcières m’a beaucoup plu et d’imaginer les horreurs vécues par ses femmes sous prétexte d’hypothétiques liens de sorcellerie ça vous glace le sang.

Certes 10 tomes avec les mêmes personnages, le même style et le même lieu (bon sang c’est fou ce qu’il peut y avoir comme drames dans ce petit coin perdu de Suède 🙂 mais bon, on était bien « accro » à Columbo même après 69 épisodes alors qu’on savait pertinemment comment ça finissait et comment l’inspecteur manipulait le meurtrier ! alors, fière de mon « parallèle », je persiste à dire que je me régale toujours autant avec cette saga policière nordique même si, de facto, « l’effet de surprise » est un peu suranné…

Quelques « nouveautés » plus pertinentes quand même à signaler, comme l’introduction du problème d’immigration en Suède avec les camps de Syriens qui fleurissent un peu partout là-bas ou encore les problèmes d’acceptation de son homosexualité et le harcèlement scolaire, sujets plus concrets qui ramènent le roman dans son contexte actuel.

Bref, ni le meilleur ni le moins bon de l’addictive série mais la mayonnaise prenant toujours il reste un confortable roman à lire pour ceux qui suivent ces aventures scandinaves.

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« Entre deux mondes »

Je viens de finir « Entre deux mondes » d’Olivier Norek. Ce livre m’a été conseillé par une collègue de travail ; je ne connaissais pas du tout Olivier Norek ancien policier et humanitaire dont je découvre ici le quatrième roman.

Roman policier « coup de poing » ayant pour toile de fond le camp de réfugiés français connu sous le nom de « Jungle de Calais ». Nous suivons Adam jeune Syrien qui avec sa femme et sa fille quittent leur pays en guerre désirant rejoindre la Grand Bretagne merveilleux eldorado qui fait tant miroiter les émigrés. Bien sûr le « voyage » ne se passera pas comme prévu et son escale forcée à Calais sera loin d’être « de tout repos ».

L’écriture d’Olivier Norek est franche, crue, sans filtre et sans tabou. Bien sûr j’avais entendu parler de la « Jungle de Calais », microcosme cosmopolite, espèce d’entité polycéphale où la dureté d’existence et le terme « survie » prennent tout leur sens.

Bien sûr si on a un cœur un tant soit peu sensible on ne peut que s’émouvoir des horreurs que subissent ces pauvres hères. Il serait logique de penser qu’unis dans la tentative d’échapper à la mort dans leurs pays d’origines les « habitants » de la « Jungle » seraient de facto empreints d’entraide, que nenni ou si peu… le terme « jungle » prend ici toute son ampleur et les actes de cruautés internes y sont légion… cependant ce qui est pour moi un peu « sous-traité » et mis en sourdine c’est l’étendu des dommages collatéraux de ce camp subis par les calaisiens et habitants de la région… il ne faut pas non plus se voiler la face et ne pas oublier que les habitants du Nord ont également pâti des retombées que les migrants mal intentionnés ont pu faire ou la désertion, dans la région, des touristes du fait de ce camp. S’il y avait un reproche à faire sur le livre se serait celui-là… avec des sujets sensibles comme celui de la crise migratoire, voir surtout du côté du migrant et non du côté de « l’accueillant » ou du dévouement de certains humanitaires (souvent à peine remerciés) me gêne un peu…

Bref, sans doute mon côté trop réfléchie… sinon il y a quelques passages très durs qui m’ont surprise mais la trame policière de l’intrigue n’a rien de très originale et cette légère démagogie m’a quelque peu déroutée… très étonnée de la part d’un ancien policier…