architecture

« Le château de Vischering », Lüdinghausen, Allemagne

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Le château de Vischering dans la ville allemande de Lüdinghausen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).

Construit en 1271 dans un but défensif (château fort), il est détruit en 1521 lors d’un incendie, puis reconstruit au cours du XVIe siècle. C’est l’un des exemples les mieux conservés de château fort sur douves (aussi appelé Wasserburg).

Magnifique j’adore !

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Mes lectures

« Chien Blanc » de Romain GARY

Je viens de finir « Chien Blanc » de Romain Gary.

Il y a des livres qui vieillissent. Et puis il y a ceux qui semblent attendre patiemment leur heure. Chien Blanc, appartient à cette seconde catégorie. Écrit à la fin des années 1960, il donne pourtant l’impression de parler de notre monde avec une lucidité désarmante.

Dans ce récit inspiré d’un épisode réellement vécu en 1968, au lendemain de l’assassinat de Martin Luther King et des émeutes qui ont embrasé les États-Unis, Romain Gary recueille un magnifique chien-loup qu’il baptise Batka, en hommage à ses origines russes. Derrière son apparence douce et affectueuse se cache pourtant une réalité glaçante : Batka a été dressé pour attaquer exclusivement les personnes noires.

À travers ce chien, Gary construit une métaphore d’une puissance rare. Batka n’est pas le monstre de cette histoire : il en est le produit. Il incarne une haine qui ne naît jamais seule, mais qui s’enseigne, se cultive et se transmet de génération en génération. En choisissant de raconter le racisme à travers un animal, Gary déplace le regard et nous oblige à nous interroger sur l’origine même de nos violences.

Ce qui m’a profondément bouleversé, c’est que, derrière sa volonté de sauver Batka, Romain Gary cherche en réalité à sauver l’humain. Son combat dépasse largement le destin d’un chien : il interroge notre capacité à désapprendre la haine. Tout au long du livre, on retrouve cet attachement viscéral au vivant qui traverse son œuvre, qu’il soit humain ou animal.

Avec Jean Seberg, son épouse, il était pleinement engagé dans la lutte antiraciste. Tous deux croyaient davantage à une évolution politique et psychologique qu’à une révolution menée par la violence. Une position parfois inconfortable, qui l’isole jusque dans les milieux privilégiés qu’il fréquente, mais qui révèle surtout un homme incapable de détourner le regard face à l’injustice.

Ce qui frappe le plus, c’est l’incroyable modernité de ce texte. Plus d’un demi-siècle après sa publication, ses mots résonnent avec une force presque troublante. Les visages changent, les époques passent, mais les mécanismes de la haine restent les mêmes. On referme ce livre avec la désagréable impression que l’Histoire bégaie.

Et pourtant, Gary refuse le désespoir. Son écriture est incisive, parfois mordante, souvent traversée d’un humour et d’une ironie qui rendent la lecture aussi lumineuse que douloureuse. Il ne cherche pas seulement à dénoncer ; il continue obstinément à croire que l’homme peut encore choisir de devenir meilleur.

Chien Blanc est bien plus qu’un roman sur le racisme : c’est un livre sur ce que l’on fait des haines que l’on nous transmet. Une lecture bouleversante, d’une intelligence rare, qui rappelle que le véritable dressage n’est peut-être pas celui des chiens, mais celui des hommes.

Un livre qui a du chien… et qui a surtout des choses essentielles à nous dire.

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architecture

« Le MIM » Bruxelles

Le Musée des Instruments de Musiques rue Montagne de la Cour à Bruxelles.

Situé au cœur du Mont des Arts le MIM est situé dans deux bâtiments remarquables : le bâtiment néo-classique de Barnabé Guimard, situé à l’angle de la place Royale et l’Old England, construit pour la firme de produits anglais de luxe du même nom. Ce dernier est tout à fait spectaculaire et fait partie des plus beaux exemples d’Art nouveau en Belgique. Il a été conçu en 1899 par l’architecte Paul Saintenoy.

Le musée présente une collection de quelque 1 500 instruments de musique.

A ne pas louper si vous allez à Bruxelles 🙂

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Mes lectures

« Le rêve du Jaguar » Miguel BONNEFOY

Je viens de finir « Le rêve du Jaguar » de Miguel BONNEFOY,

Il y a des livres que l’on lit, et d’autres que l’on habite. Le Rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy appartient à cette seconde catégorie.

Ce roman est avant tout un voyage. Un voyage à Maracaibo, au cœur du Venezuela, sur les traces d’une famille dont nous devenons peu à peu les membres. À travers trois générations, Miguel Bonnefoy nous ouvre les portes d’une intimité bouleversante, faite de silences, de pudeur et de sentiments retenus. Nous ne sommes plus de simples lecteurs : nous partageons leurs joies, leurs drames, leurs espoirs et leurs rêves.

Mais ce voyage est aussi celui d’un pays. Au fil des pages, le Venezuela se révèle dans toute sa splendeur et sa complexité. J’ai encore le parfum des magnolias dans les narines, les couleurs éclatantes de cette terre luxuriante devant les yeux. C’est un pays de mythes et de croyances, de légendes populaires et de folklore vivant, où le merveilleux semble surgir naturellement du réel.

Miguel Bonnefoy nous entraîne également au cœur de l’Histoire vénézuélienne. Les révolutions, les dictatures, l’essor du pétrole, les bouleversements politiques et sociaux traversent le récit sans jamais écraser les destins individuels. Au contraire, ils les façonnent. Le Venezuela apparaît comme un personnage à part entière : bouillonnant, excessif, vibrant, à l’image de celles et ceux qui l’habitent.

Et puis il y a cette saga familiale, envoûtante et lumineuse, qui avance sur la frontière ténue entre le rêve et la réalité. Tout y est poésie, magie et émerveillement. Chaque personnage possède une force singulière, une présence inoubliable. Chacun aurait mérité un roman à lui seul tant leurs destins fascinent. C’est peut-être le seul reproche que l’on puisse adresser à ce livre : il est trop court. On quitte ces personnages avec le regret de ne pas avoir passé davantage de temps à leurs côtés.

La plume de Bonnefoy est tout simplement magistrale. Baroque et chaleureuse, généreuse sans jamais être démonstrative, elle déploie une poésie qui semble couler de source. À travers cette fresque inspirée de son histoire familiale, l’auteur compose une véritable déclaration d’amour à ses origines, à ses ancêtres et à son pays.

Comment ne pas penser à Cent ans de solitude ? Comme le chef-d’œuvre de Gabriel García Márquez, Le Rêve du jaguar mêle le souffle de la grande Histoire à l’intimité des familles, le réel au merveilleux, l’humble au légendaire. Pourtant, Miguel Bonnefoy ne se contente pas d’en suivre les traces : il trouve sa propre voix, singulière et profondément émouvante.

Chaque page nous attache un peu plus à cette famille, à cette terre, à ces vies plus grandes que nature. Et lorsque le livre se referme, c’est une douce nostalgie qui demeure. Celle des grands voyages dont on revient changé. Celle des romans qui continuent de vivre en nous longtemps après la dernière ligne.

Le Rêve du jaguar n’est pas seulement une lecture ; c’est une traversée. Une fresque flamboyante, habitée par la mémoire, les rêves et l’amour. Un de ces rares livres que l’on quitte à regret, mais que l’on porte longtemps dans son cœur.

architecture

Le pont de Chengyang (région autonome zhuang du Guǎngxī), Chine

Le pont du vent et de la pluie construit il y a plus d’un siècle (donc plutôt récemment) par les Dong abrite la population des caprices du ciel les jours de pluie avec ces tours et ses protections.

Long de 70 mètres de long et tout en bois et pierre (sans aucune pièce métallique) il est classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en vue de l’ingéniosité de son architecture et fait partie des quatre ponts les plus grands et les plus célèbres de toute la Chine.

Le traverser vous coûtera quelques pièces mais c’est surtout paraît-il une expérience inoubliable ! j’aime beaucoup !

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Mes lectures

« Chiens des Ozarks » Eli CRANOR

Je viens de finir « Chiens des Ozarks » d’Eli CRANOR.

« Chiens des Ozarks » avait tout pour me plaire. Les Ozarks, déjà, avec cette géographie accidentée et poisseuse qu’on connaît bien si on a aimé la série éponyme ; des routes perdues, des forêts épaisses, des carcasses rouillées au milieu de nulle part. On visualise parfaitement le décor, et la casse automobile où se déroule une bonne partie de l’histoire est sans doute ce que le roman réussit le mieux. Un endroit sale, métallique, fatigué, idéal pour enterrer les secrets comme les corps.

Cranor sait aussi écrire cette Amérique profonde qui se nourrit d’échec et de violence. Les habitants sont rudes, bornés, souvent abrutis par leur environnement autant que par leur misère. Chômage, méthamphétamines, racisme, consanguinité : on retrouve cette noirceur sociale sèche et sans glamour que m’évoque certaines régions des Etats-Unis. Des vies foutues d’avance, des gens qui cognent plus facilement qu’ils ne parlent, et cette impression permanente que personne ne sortira vraiment vivant — même sans mourir.

Mais malgré cette ambiance réussie, le roman ne va jamais aussi loin qu’il le devrait. J’attendais une montée en tension plus brutale, quelque chose de plus viscéral. Jeremiah, le grand-père vétéran du Vietnam hanté par ses démons, semblait taillé pour devenir une vraie force de destruction prête à tout pour sauver sa petite-fille. Tout est en place pour l’explosion… sauf l’explosion elle-même.

Même déception du côté des Ledford. Présentés comme des suprémacistes blancs dangereux, liés à des trafics et à l’ombre du KKK, ils restent finalement assez fades. On nous parle de monstres, mais on ne ressent jamais vraiment leur menace. Le roman promet une violence sourde et incontrôlable ; au final, elle reste souvent à distance.

Ce n’est pas un mauvais livre, loin de là. L’atmosphère fonctionne, certains personnages existent vraiment, et le décor des Ozarks garde ce pouvoir de fascination crasseuse. Mais je referme ce livre avec la sensation frustrante qu’il aurait pu être beaucoup plus âpre, beaucoup plus puissant. Un bon roman noir, oui. Le grand coup de poing attendu, non.

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Mes lectures

« Du même bois » Marion FAYOLLE

Je viens de finir « Du même bois » de Marion FAYOLLE.

Premier roman de cette illustratrice dessinatrice. Un texte court, presque fragile en apparence, et pourtant d’une densité rare — comme ces silences pleins qui en disent plus que mille phrases.

Ici, chaque mot semble posé avec une infinie précaution, comme s’il avait été longuement pesé avant de trouver sa place. Rien ne déborde, rien n’est de trop. Et dans cette économie délicate naît une puissance douce, presque organique. C’est une langue qui respire la terre, qui sent le bois, le lait chaud et les saisons qui passent.

Ce roman est une ode à la ferme, mais surtout une déclaration d’amour à ce qui nous fonde. La famille y est esquissée à travers des figures sans nom — la mémé, l’oncle, la gamine, le gosse… — et pourtant, jamais elles ne nous semblent lointaines. Au contraire, cette absence d’identité précise les rend universelles. Elles deviennent les nôtres. On les reconnaît sans les avoir connues, on les aime sans effort, comme une évidence.

C’est un monde brut, dépouillé de tout artifice. Un monde où l’on parle peu, mais où tout se dit autrement. Dans un geste, dans un regard, dans un soupir retenu. Un monde où « je t’aime » ne se prononce pas, mais se vit, profondément, dans chaque acte du quotidien.

Tout y est raconté avec une simplicité désarmante : le poids des générations, le temps qui use et transforme, les liens tissés avec les animaux, les habitudes qui rassurent autant qu’elles enferment. Et au cœur de tout cela, une humanité vibrante, instinctive, presque sauvage, mais infiniment tendre.

Du même bois, c’est pour Marion FAYOLLE un retour à ses racines, à nos racines. À ce qui nous construit en silence. À ce qui demeure, malgré tout.

C’est un texte mélancolique, oui, mais jamais triste. Il enveloppe, il apaise. Il comprend. Et surtout, il pardonne tout.

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architecture

« La Mosquée Missiri » Fréjus (Var)

Une fois n’est pas coutume aujourd’hui pour notre série architecture nous ne partons pas loin puisque nous allons à Fréjus avec La mosquée Missiri, labellisée « Architecture contemporaine remarquable », elle appartient au patrimoine militaire ! Elle est en cours de travaux livraison horizon 2027. Sa couleur bien sûr est « remarquable » le bâtiment est recouvert d’ocre quasi rouge !

Ouverte en 1930 au camp militaire de Caïs à Fréjus, la mosquée Missiri s’inspire de la Grande Mosquée de Djenné au Mali. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1987, ce bâtiment est conçu en ciment recouvert d’ocre, contrairement à son homologue, édifié en bois et en paille.

La mosquée Missiri est surmontée d’une terrasse accessible par un escalier en saillie, caractéristique de l’architecture traditionnelle soudanaise (du temps de la présence française, l’actuel Mali s’appelait Soudan Français).

Ce patrimoine militaire et historique a été racheté en 2019 par la Ville de Fréjus.

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Mes lectures

« Humus » Gaspard KOENIG

Je viens de terminer « Humus » de Gaspard Koenig, et je referme ce livre avec un sentiment assez mitigé… et beaucoup de questions. Si comme moi votre éco-anxiété vous taraude vous allez être servi !

Plutôt touchée par l’élan écologique je n’avais étonnement jamais entendu parler de ce livre malgré les nombreux prix qu’il a reçus. Le point de départ est aussi original qu’intrigant : il est presque question ici de « thriller » écologique où les véritables héros sont… les vers de terre. Dit comme ça, ça pourrait sembler presque léger ou décalé, mais le roman est en réalité bien plus dense — et parfois même déroutant.

On suit Arthur et Kevin, deux étudiants en agronomie pleins d’idéalisme, déterminés à changer notre vision et rapport à la terre. Etrangement, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à eux : je l’ai ai trouvés plutôt caricaturaux, presque comme des incarnations d’idées plus que de véritables personnages. Mais ce choix est je pense assumé par l’auteur, qui s’en sert pour explorer des visions opposées de l’écologie et du progrès. Pas de prise de position pour Koenig, tout le monde en prend pour son grade de l’écolo au paysan pollueur, des institutions aux promoteurs, sans parler de l’Université… tout le monde y passe, libre à nous de nous faire une idée de ce « monde ».

La première partie m’a plutôt embarquée. J’y ai retrouvé une forme d’ironie assez fine sur les “néo-ruraux”, les contradictions du monde agricole, et une critique du greenwashing ou du capitalisme qui sonne souvent juste. Il y a même des passages presque poétiques autour du sol et du vivant — et oui, des lombrics — qui donnent au texte une vraie singularité. Me voilà experte ès géodrilologie ! Les épigés et autres anéciques n’ont plus de secret pour moi 😊

Mais ensuite, je me suis un peu perdue. Le roman bascule vers quelque chose de plus conceptuel, plus politique aussi. Les enjeux économiques, les logiques de marché, les dérives des institutions prennent le dessus, et j’ai eu l’impression de perdre le fil émotionnel de l’histoire. Où on pourrait voir une montée en puissance brillante et une satire du capitalisme très maîtrisée, j’ai plutôt ressenti une forme de lourdeur.

Quant à la fin… elle m’a laissée perplexe. Spectaculaire, presque absurde mais finalement, c’est une conclusion logique, voire une fable écologique poussée à son extrême.

Au final, Humus est un roman qui m’a divisé. Ambitieux, original, parfois brillant, parfois confus… il ne laisse clairement pas indifférent. Et même si je ne suis pas sûre d’avoir tout saisi, une idée persiste : et si les véritables alliés de la planète étaient bien plus discrets que nous ?

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