architecture

« Les Bolwoningen » Pays-Bas

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Les Bolwoningen se situent dans le quartier Maaspoort, à Hertogenbosch aux Pays-Bas.

Le complexe compte 50 maisons sphériques construites en 1984 par l’architecte Dries Kreijkamp dans un contexte d’économie d’énergie et de facilité d’entretien pour les habitants.

Chaque maison aux fenêtres circulaires offre environ 55 m², avec une sphère d’environ 5,5 m de diamètre. L’espace se répartit sur trois niveaux : une zone basse pour les pièces de nuit, un niveau intermédiaire pour la salle d’eau, et un niveau haut pour la pièce de vie.

Elles sont toujours habitées aujourd’hui. J’adore, tout à fait la taille qu’il me faut et j’adore le concept (peut-être un peu difficile à meubler et peu de murs pour mettre des tableaux)…

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Mes lectures

« La Cité aux murs incertains » Haruki Murakami

Je viens de finir « La Cité aux murs incertains » d’Haruki MURAKAMI.

Murakami je connais bien, j’ai lu plusieurs de ses romans et nouvelles, assez même pour reconnaitre en quelques lignes son style, et là son style, onirique, solitaire et mélancolique est à son paroxysme.

Lire La Cité aux murs incertains, c’est accepter de marcher sans boussole. Comme souvent chez Murakami, le réel se fissure doucement, presque poliment, jusqu’à laisser passer le rêve — ou peut-être est-ce l’inverse. On avance dans une brume familière où les vivants croisent les morts sans s’en étonner, où les ombres se détachent des corps avant de disparaître, où des licornes meurent de froid comme si cela allait de soi. Au cœur de cette cité close, il n’y a pas tant des murs que des seuils : entre la mémoire et l’oubli, la solitude et le désir, l’existence et ce qui la prolonge ailleurs. Le héros, tout comme le lecteur, erre dans ce labyrinthe intérieur, habité par une mélancolie douce et persistante, presque ascétique.

L’imaginaire est somptueux, parfois vertigineux. Murakami déploie une profusion de métaphores et d’images qui donnent au roman des airs de rêve éveillé — on croit parfois traverser un film de Miyazaki ralenti, silencieux, où chaque détail semble chargé d’un sens secret. La bibliothèque sans livres, remplie de rêves à déchiffrer, en est l’un des plus beaux symboles. Pourtant, cette beauté a son revers. À force d’explications répétées, de cercles narratifs qui se referment sur eux-mêmes, le texte s’alourdit. Il n’y a pas réellement de suspense, peu de surprises : seulement des émotions diffuses, des rencontres délicates, et une lente immersion dans un état d’âme.

Chacun sortira de cette lecture avec sa propre clé — ou sans clé du tout. La Cité aux murs incertains ne se comprend pas, elle se ressent. On s’y perd volontairement, comme dans les ruelles d’un lieu dont on ne sait plus très bien s’il a existé ou s’il n’est qu’un souvenir persistant. C’est beau, parfois bouleversant, souvent frustrant. Un roman qui ne cherche pas à convaincre, mais à exister.

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architecture

« Lemmer » Pays-Bas

La ville de Lemmer dans la province de Frise aux Pays-Bas.

Une architecture basée sur des canaux artificiels complètement maîtrisés, c’est magnifique vu du ciel mais apparemment difficile à vivre laissant peu de place aux loisirs et composée surtout de résidences pour riches retraités.

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Mes lectures

« Veiller sur elle » Jean-Baptiste ANDREA

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Je viens de finir « Veiller sur elle » de Jean-Baptiste Andrea

Quel superbe Goncourt que celui-là. Je ne suis pourtant pas de celles qui aiment les Goncourt avec ferveur, mais Veiller sur elle m’a saisie et enchantée.

Mimo et Viola… deux êtres à la fois fragiles et démesurés.
Lui, si petit par la stature et pourtant gigantesque par la grâce de ses mains, par ce talent qui dérange autant qu’il éclaire.
Elle, fille d’une puissante et riche famille du piémont Italien, brûlante de liberté, trop lumineuse pour l’époque qui voudrait la contraindre, trop précurseur pour un monde encore aveugle.

Leur histoire se déploie comme une fresque sculptée, vibrante de poésie, dans cette Italie de la région de Coni où la beauté de la vie se heurte au grondement de l’Histoire et à la puissance incommensurable de l’Eglise. Sur fond de première et seconde Guerre Mondiale et de fascisme montant, ces deux âmes sœurs que tout sépare — corps, condition, destin — restent attachées l’une à l’autre par un fil invisible, tissé d’art, de douleur, d’espérance et d’un amour qui ne dit jamais vraiment son nom.

Chacun enfermé dans un corps qui l’entrave : Viola, femme dans un monde qui la voudrait docile ;
Mimo, petit homme que l’on voudrait éteindre. Et pourtant, en eux, une grandeur indomptable.

Autour d’eux, une galerie de personnages d’une justesse, d’une humanité bouleversante. C’est une palette aux milles couleurs qui s’étale devant nous, un condensé de sentiments exacerbés entre amitiés, trahisons, tristesses et espoirs.     

C’est un roman ample, riche, habité.
Six cents pages qui ne pèsent jamais : elles coulent, elles dansent, elles sculptent.
On y traverse la laideur des hommes, la beauté de l’art, et cette zone secrète où l’amitié, la loyauté et la douleur se mêlent pour devenir destin.

Pur, puissant, déchirant et lumineux, c’est un livre qui ne se lit pas seulement ; il se dévoile comme une œuvre d’art que l’on regarde longuement.
Veiller sur elle, c’est l’histoire d’une création, mais c’est surtout un chef-d’œuvre en soi — un roman taillé dans le marbre, vibrant encore de la chaleur des mains qui l’ont façonné.

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Mes lectures

« Dead Stars » Benjamin WHITMER

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Je viens de finir « Dead Stars » de Benjamin Whitmer.

Il y a des livres qui brûlent lentement, d’autres qui explosent — Dead Stars est un incendie qui consume tout sur son passage, sans répit, sans espoir de rédemption. Après l’extraordinaire « Les Dynamiteurs », que j’avais adoré pour sa singularité dans le désespoir, Benjamin Whitmer revient avec une œuvre encore plus sombre, plus dense, plus radicale. Il ne propose pas un simple roman noir, mais un gouffre. Un puits de violence et de silence dans lequel chaque personnage tombe à sa manière, emporté par une rage sourde, une douleur muette, une absence totale de lumière.

Ce qui saisit d’abord, c’est l’incarnation de la violence. Elle n’est jamais spectaculaire, jamais gratuite (quoique) — elle est organique, inscrite dans la chair et le langage, dans le moindre geste. Elle vient d’un monde où la tendresse est une faiblesse, où la survie se paie en brutalité, où les mots ne réparent rien parce qu’ils n’ont jamais vraiment existé. Ici, tout est non-dit. Les silences sont plus lourds que les dialogues. Les gestes contiennent des vies entières de rancœur, de colère, d’abandon.

L’histoire est simple : Plainview, Colorado, en 1986, Randy Turner 14 ans n’est pas rentré hier soir, et du coup ce matin c’est toute la vie de la famille Turner qui bascule, et nous avec…

Les personnages ? Ce ne sont pas des héros, encore moins des victimes. Ce sont des êtres fracturés, incapables d’aimer autrement qu’en détruisant, incapables de fuir autrement qu’en fonçant droit dans le mur. Il y a chez eux une forme de fatalité, comme si chacun était programmé pour échouer, pour exploser, pour haïr. Et pourtant, Whitmer ne les juge jamais. Il les montre dans toute leur complexité — leur violence comme leur vulnérabilité — et c’est là que réside la force du roman : dans cette empathie cruelle, ce regard sans complaisance mais profondément humain.

L’Amérique que dépeint Whitmer n’a rien de mythique. C’est une terre morte, rongée par la drogue, les armes, la pauvreté, les rêves pulvérisés. En filigrane l’auteur dénonce l’horreur du développement de l’industrie militaire nucléaire et tous les impacts terribles qu’il découle de cette activité.

Il n’y a pas d’échappatoire, pas de héros, pas de salut. Seulement des trajectoires qui se croisent, se heurtent, s’annihilent. On ne sort pas indemne de Dead Stars, parce qu’il ne nous laisse pas le choix. Il ne cherche pas à plaire, ni à consoler. Il montre. Et ce qu’il montre, c’est la vérité crue des âmes perdues, quand toute illusion a été balayée depuis longtemps. Je garderai en mémoire le mantra du livre que j’adore et qui résume tout : « garde la merde à hauteur de tes chaussures » !

Je suis ressortie de cette lecture vidée, remuée, presque en colère — contre le monde, contre les personnages, contre la vie. C’est une lecture qui marque au fer, comme une brûlure qu’on n’oubliera pas.

Benjamin Whitmer signe ici un chef-d’œuvre d’ombre, d’humanité pervertie, de rage pure. C’est sale, c’est dur, c’est magnifique.

architecture

« Ponte City » Johannesburg, Afrique du Sud.

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Construite dans le style brutaliste en 1975 par l’architecte Manfred Hermer, la Tour Ponte City était à l’origine exclusivement réservée à la population blanche et riche de Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est la plus haute tour d’habitation d’Afrique.

Le « luxueux » gratte-ciel de 173 mètres de haut et 54 étages comporte des appartements sur 3 niveaux, des commerces ainsi que des jacuzzis au niveau du toit. Pourtant, en 1976, les émeutes de Soweto marquent le début de la lente dégradation de la Tour qui se vide de ses habitants blancs, remplacés progressivement par les migrants venus des pays voisins. Elle est rapidement devenue dans les années 80 un repaire du crime et de la pauvreté dont la partie vide centrale, tombée en ruine, s’est transformée en décharge géante et lieu de suicide.

En 2011 la totalité des 54 étages sont rénovés. Aujourd’hui, la Tour abrite Ponte abrite près de 3 000 personnes de classe moyenne et ouvrière, et immigrants congolais, nigérians et zimbabwéens.

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Mes lectures

« Un animal Sauvage » Joël DICKER

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Je viens de finir « Un animal sauvage » de Joël Dicker.

Lectrice fidèle de Joël Dicker, j’ai lu l’ensemble de ses romans depuis le phénoménal succès de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert et du tout aussi marquant Le Livre des Baltimore. Ces deux premiers livres m’avaient profondément séduite : une écriture rythmée, des intrigues habilement menées, j’avais adoré.

Malheureusement, la suite de l’œuvre de Dicker a été pour moi une lente descente — parfois vertigineuse — vers la déception. L’Énigme de la chambre 622, en particulier, m’avait laissé un goût amer, tant j’avais eu l’impression d’être prise à la légère (pour être polie) en tant que lectrice.

C’est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans Un animal sauvage… Et contre toute attente, je dois dire que ce dernier opus m’a (un peu) réconciliée avec l’auteur.

L’histoire s’ouvre sur un spectaculaire braquage à Genève. Très vite, le récit prend une tournure plus intime, en s’intéressant à Sophie et Arpad un couple parfait en apparence, installé dans une belle maison en verre en bordure de forêt et à leurs bien plus modestes voisins Greg et Karine.

À travers une construction habile entre passé et présent, Dicker tisse une intrigue où les apparences sont constamment trompeuses, et où chacun semble cacher sa véritable nature. Tel un horloger Suisse Dicker joue avec nos nerfs avec une adroite précision, nous baladant sur des chemins que lui seul veut nous faire prendre et ça fonctionne plutôt bien. Ces va-et-vient habillement menés (et sans jamais nous perdre en route) vont bien sûr nous éclairer et nous faire voyager entre la Suisse, St Tropez et l’Italie.

Le roman se lit avec fluidité, le style retrouve une certaine sobriété bienvenue, et l’intrigue, sans être bouleversante, parvient à installer un suspens efficace, presque plaisant. Certes, les personnages manquent toujours de profondeur — je n’ai, à vrai dire, ressenti aucune véritable empathie pour eux — mais la mécanique narrative fonctionne suffisamment bien pour qu’on ait envie de tourner les pages. Le twist final est plutôt finement amené et a l’effet escompté sur notre soif de suspense.

En somme, Un animal sauvage n’atteint pas la maîtrise de ses premiers romans, mais il s’en approche davantage que les précédents. Un Dicker plus digeste, plus maîtrisé, et qui redonne — un peu — espoir à celles et ceux qui comme moi l’avaient adoré à ses débuts.

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architecture

Aitoliko, Grèce.

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Reliée au continent grâce à 2 ponts de pierres à voutes elle est entourée de 2 lagunes. J’adore cette petite île-ville de Grèce occidentale, (densément peuplée certes) et surnommée « la petite Venise de Grèce » ! quand je la vois j’ai l’impression de voir une limule !  

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Mes lectures

« La librairie Morisaki » Satoshi YAGISAWA

Je viens de finir « La libraire Morisaki » de Satoshi Yagisawa.

Je me suis saisi de ce petit livre sans grande conviction, avec encore en mémoire ses « semblables » qui n’avaient pas entièrement comblé mes désirs de lectrice. Des livres comme celui-ci j’en ai lu, dans des pâtisseries, des superettes, des cafés… je m’attendais donc à un énième roman « asiatiquement » léger . Et pourtant…

Il est des livres qui ne font pas de bruit.
Des livres qui, sans promesse tapageuse, s’ouvrent comme une fenêtre sur une rue calme, quelque part entre hier et demain. La librairie Morisaki est de ceux-là.

Satoshi Yagisawa nous offre ici une parenthèse légère et apaisante, un roman qui se déplie doucement, comme un matin de printemps à Tokyo. On y entre comme on pousserait la porte d’une vieille boutique de livres d’occasion, le cœur un peu lourd peut-être, mais l’esprit curieux. Et l’on y reste… parce qu’on s’y sent bien.

Loin des recettes attendues du roman feel-good — souvent sucrées à l’excès — celui-ci a le goût discret du thé vert : simple, mais subtil. Il y flotte un parfum d’authenticité, quelque chose de non forcé, presque timide, qui touche sans trop en faire. L’écriture, traduite avec finesse, conserve une pudeur toute japonaise, mais avec une fluidité surprenante, presque occidentale. Un équilibre rare.

Bien sûr, on retrouve les ingrédients familiers du genre : un lieu refuge, des personnages cabossés, des livres en guise de baume… mais ici, rien n’est surjoué. Pas de scènes à grand effet, pas de tirades lacrymales ni de métaphores étirées. Juste la vie, dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus tenace.

Il y a dans ces pages un amour sincère pour les livres, pour leur odeur, leur poids, leur silence. Et derrière cela, l’idée discrète mais puissante que la littérature n’est pas là pour tout réparer — mais qu’elle peut, parfois, nous accompagner dans l’attente.

La librairie Morisaki est un roman à lire comme on prend le temps de flâner dans une ruelle ombragée, ou de laisser un rayon de soleil chauffer la paume de sa main. C’est un récit qui respire, qui console, qui ne cherche pas à briller — et c’est ce qui le rend si touchant.

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