Mes lectures

« Oh William ! » d’Elizabeth Strout

Je viens de finir « Oh William ! » de Elizabeth Strout. Quatrième livre de cette auteure que je lis après « Je m’appelle Lucy Barton », « Tout est possible », et son Pulitzer « Olive Kitteridge ».

On retrouve toujours les mêmes personnages chers à Strout et ici plus précisément Lucy Barton et son ex-mari William. Malgré leur divorce Lucy et William ont gardé un lien indéfectible et rempli de tendresse l’un envers l’autre. C’est pourquoi William à un tournant de sa vie va proposer à Lucy un « road trip » vers le Maine sur les traces d’une histoire de famille cachée.

Tout le long de ce road trip les souvenirs vont refaire surface chez William et Lucy et ils vont avec tendresse et délicatesse se remémorer des moments familiaux, leur mariage, leurs remariages, leurs enfants, leurs boulots… des moments de vie personnels. Et ainsi, sans voyeurisme aucun, on s’immisce doucement dans leur intimité et leurs sentiments, de vraies chroniques de la vie de couple.

Ce qui caractérise Elizabeth Strout c’est son style d’écriture, elle est très proche de son lecteur et nous « parle » comme si c’était notre amie, notre confidente et c’est, pour ce livre, encore plus exacerbé. Des paragraphes très courts, parfois sans liens particuliers, qui font états de moments de vie ou de réflexions lui venant à brûle-pourpoint en mémoire, comme pour appuyer son désir de partager avec nous ce souvenir ou cette pensée qui lui revient à l’esprit, comme si nous étions une vieille amie toujours là pour l’écouter.

C’est vrai, il ne se passe pas grand-chose dans ce petit livre et ce n’est, de loin pour moi, pas son meilleur, mais c’est la manière dont ce récit est exprimé qui nous plonge dans la nostalgie et la mélancolie ; une certaine douceur, un certain réconfort. Une histoire cocooning à lire au coin du feu dans un sofa moelleux sous un plaid avec un chocolat chaud et des grosses chaussettes !

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Mes lectures

« Conte de Fées » de Stephen KING

Je viens de finir « Conte de Fées » de Stephen King. Contrairement à lui, il devient très difficile pour moi d’être originale dans mes critiques post-lecture de Stephen King !

Car pour le coup (et même s’il avait une première fois franchit le cap avec l’excellent « Les yeux du dragon »), King réitère l’exploit de nous embarquer, pour notre plus grand bonheur, dans un « monde de Conte de fées » inédit où son imagination a encore une fois gravit une marche dans l’eccéité.

C’est de notoriété littéraire : quand King prend comme héros principal de son récit un (ou des) adolescent(s), on sait très bien qu’on va se régaler. Il n’a nul pareil pour se glisser à merveille dans la peau de ses (ces) jeunes héros et profiter de leur innocence pour nous faire regretter la nôtre.

Ici notre Héros c’est Charlie et si je mets un H majuscule ce n’est pas anodin puisqu’en effet c’est en Sauveur que Charlie va se révéler, mais également pour souligner l’extrême maturité et pleine conscience de notre jeune protagoniste. Cette bonne action qu’il avait « en dû » va changer bien sûr sa vie mais surtout sa destinée et celle de plein d’autres…

Difficile de parler de ce livre sans dévoiler le moindre détail du Monde dans lequel Charlie nous entraîne. Ce que je peux souligner avec « Conte de Fées » c’est l’évident parallèle avec « Alice au pays des Merveilles » ou « Le Magicien d’Oz » deux contes que j’ai toujours adorés.

Pour moi King n’a pas d’égal pour nous donner l’envie de tourner les pages de ses romans, difficile de lâcher l’histoire tellement notre addiction est grande. La première partie du roman, plantant le personnage de Charlie, est juste parfaite, on adore ce jeune homme dévoué, débrouillard et rempli de tendresse. La seconde partie nous emmenant dans ce Monde inédit envoûtant et rempli de personnages et lieux atypiques m’a rappelé à certains moments « Le Talisman » et parfois la saga « La Tour sombre ». La dernière partie est un peu en dessous pour moi. Beaucoup de labyrinthes, d’escaliers, de couloirs infinis, on se perd un peu dans les méandres de ce monde ; une légère retombée de rythme d’où une histoire qui s’essouffle un peu mais c’est juste pour rester objective et concéder un peu de « négatif » au Conte.

Que se passe-t-il dans l’imagination de Stephen King pour qu’il émerge de telles créatures, de tels paysages, de telles histoires fantastiques ? Comment ne pas fondre devant Radar « personnage » primordial et ô combien touchant de l’histoire, comment rester insensible face à l’amour incommensurable de Charlie pour son père, comment rester de marbre face à l’innocence de certains et la tyrannie d’autres ? tellement de sentiments se mélangent ici… ce Roman c’est un pamphlet sur l’importance de l’Amour filial, l’Amitié, les relations entre les Hommes et les animaux, la nécessité de prendre soin de la nature, les ravages de l’alcoolisme, la cupidité et l’égoïsme.

Sans nul doute pour moi un des 10 meilleurs King que j’aie lu. Un Conte de Fées (sans Fée) du plus bel effet. Coup de cœur assuré.

Mes lectures

« La rivière pourquoi » Davide James DUNCAN

Je viens de finir « La rivière pourquoi » de David James DUNCAN. Qui aurait dit qu’un roman ayant pour thème principal « la pêche à la mouche » puisse autant me plaire et me provoquer des émotions et questionnements si importants.

L’histoire est simple : Gus vient de sortir de l’adolescence et depuis qu’il est né il n’aspire qu’à une seule chose dans la vie : pêcher ! Ses parents illustres et éminents pêcheurs lui ont transmis le virus de la pêche et rien ni personne ne l’empêchera de s’adonner à sa passion.

« La rivière pourquoi » c’est le paradoxe à l’état pur : c’est un livre sur la pêche certes mais c’est bien au-delà de ça ! Une passion ça ne s’explique pas, ou difficilement si on n’a pas la même passion et pourtant ici Duncan réussit à nous faire comprendre pourquoi pour Gus la pêche à la mouche est « vitale » pour lui.

Cette passion si intense, limite destructrice et pourtant essentielle pour Gus va l’obliger à chercher la source de cet amour si puissant. Tel un bouddha en quête du Nirvana, Gus recherche la pêche ultime, le plaisir halieutique extrême, la fusion entre sa canne à pêche et lui.

Ce roman est une déclaration d’amour à la pêche oui, mais c’est surtout une quête. Une quête d’identité, de reconnaissance, et surtout un hymne à la liberté. C’est une ode à la nature et à sa préservation, c’est une recherche du plaisir dans sa plus simple entité.

Les paysages de l’Oregon sont à couper le souffle, en lisant ces lignes ont peut sentir l’herbe grasse et moelleuse sous nos pieds, la douceur du vent dans notre cou, la pureté de l’eau qui coule à nos côtés, les doux rayons du soleil qui réchauffent notre peau ; de torrents en cascades, de forêts en pleines, de truites arc-en-ciel en saumons tempétueux on tombe amoureux de cette nature sauvage et intacte où seule la contemplation s’impose.  

Même sans aimer particulièrement la pêche on mord à l’hameçon : on s’identifie à Gus à travers ses ressentis, c’est « roots » mais moderne, doux mais intransigeant, profondément psychologique et pur. A travers cette pêche thérapeutique Gus va exorciser ses démons, dompter ses envies, ses désirs et connaître enfin ses besoins.

Excellent roman où l’homme n’aspire qu’à ne faire qu’un avec la Nature, c’est plein d’émotions et de respect, d’amour familial (excellent et atypique personnage que Bill Bob le petit frère de Gus) d’amitié et de simplicité. Lire « La rivière pourquoi » c’est être comme un poisson dans l’eau. 

Mes lectures

« Klara et le soleil » de Kazuo ISHIGURO

Je viens de finir « Klara et le soleil » de Kazuo ISHIGURO. Je ne me souviens pas avoir acheté ce petit livre et en lisant la quatrième de couverture je restais dubitative sur le sujet mais Kazuo ISHIGURO ayant reçu le Nobel de Littérature c’est avec pas mal d’attente que j’ouvris cet ouvrage.

Petit roman d’anticipation tout en délicatesse, frais et sans prétention que j’ai beaucoup apprécié lire.  Même si le sujet a déjà été traité sous plein de formes (livres, séries, dessins-animés, films…) il n’empêche que ce petit « bijou » tout en raffinement a réussi à me toucher.

Le monde des robots « de compagnie » m’a toujours interpellé et je me demande encore, pour plein de raisons, bonnes ou moins bonnes si j’aimerais avoir chez moi un robot « humanoïde ».

Ici Klara, notre AA (Amie Artificielle), particulièrement intuitive et intelligente a tout pour faire pencher la balance du bon côté mais…

On connaît (avec notre vision d’européens occidentaux) les « clichés » sur les japonais respectueux, propres, disciplinés, obéissants et dévoués, les personnages de ce recueil ne dérogent pas à la règle et c’est tout en subtilité que Klara et sa nouvelle famille tentent de « s’apprivoiser » mutuellement. Jusqu’à ce qu’on sache le réel pourquoi de la présence de Klara…

ISHIGURO se met à la place du robot Klara pour nous narrer son histoire depuis son acquisition par Josie (une jeune fille souffrante et solitaire) et sa détermination à trouver sa « place » au sein de ce foyer aimant et aisé.

La vision de notre univers à travers les yeux de Klara est bien analysée par l’auteur, on a même l’impression de « voir » ce que voit Klara comme à travers des écrans d’ordinateurs, une représentation kaléidoscopique de notre monde et des êtres vivants bien rendue et originale !

La façon dont l’auteur nous exprime « les ressentis » de Klara est touchante et « presque » humaine, ce qui est bien évidemment fait exprès pour nous interpeller sur le fait qu’un robot puisse ou non appréhender, comprendre et « ressentir » des émotions normalement attribuées qu’aux humains.

C’est évident, l’Intelligence Artificielle et le développement de la robotisation sont de nos jours au cœur de beaucoup d’interrogations et de mystères. On ne sait pas réellement jusqu’où vont nous mener ces « évolutions », tout va très (trop) vite et surtout ne risque-t-on pas d’être dépassés ? Outre des problèmes d’éthique ou de « perte d‘emploi » ou encore de discrimination (tout le monde va-t-il pouvoir avoir accès à ces innovations ?) Ne programmons-nous finalement pas notre propre fin ? Les scenari futuristes et alarmistes où les robots prennent le pouvoir sur nous ne finiront-ils pas par devenir réalité ? et si finalement ce n’était pas si grave ? Parfois ne vaudrait-il pas mieux être entouré de « Klara » que de certains humains ! 

architecture

« Le Fort de la peste » Russie

Et non fort Boyard n’est pas unique 😊 Situé près de St Petersburg en Russie le fort Alexander 1 ou « fort de la peste » a été mis en service en 1845 en tant que fort de défense militaire mais il n’a jamais été utilisé à cet effet. Il est reconverti fin du XIXème siècle en centre de recherche en bactériologie notamment pour des études sur la peste (d’où son surnom) jusqu’en 1917. Tour à tour lieu de stockage, de réparation puis lieu prisé pour les « Rave Party » il est aujourd’hui, après avoir subi plusieurs incendies, devenu musée. Voici un lien qui raconte sa (je trouve) passionnante histoire : Fort de la peste russe: petite histoire de ce laboratoire insulaire sans pareil au monde – Russia Beyond FR (rbth.com)

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Mes lectures

« La Déesse et la marchand » d’Amitav GHOSH

Je viens de finir « La Déesse et le Marchand » d’Amitav GHOSH. Je crois que c’est la première fois que je lis un livre d’un écrivain Indien. Le pitch du livre avait tout pour me séduire : de l’exotisme, un voyage à Venise, de l’écologie… j’attendais donc beaucoup de ce petit livre… ben j’attends toujours.

Certes l’auteur nous fait voyager en nous emmenant en Inde dans la région des Sundarbans dans le delta du Gange en quête de réponses sur une étrange légende indienne, nous fait rêver en nous baladant dans les typiques ruelles vénitiennes mais malgré tout je n’ai pas réussi à comprendre le réel motif du livre.

Entre « misère » économique et climatique du peuple indien, dénonciation des extinctions de certaines espèces animales, crise migratoire en Europe et légendes mystiques où se mêlent serpents et déesses, je n’ai pas saisi où voulait nous entraîner GHOSH. A moins que justement, son souhait était de nous perdre dans les tentacules racinaires des palétuviers de la mangrove du Bengale, nous laisser nous égarer dans la lagune de Venise ou nous mettre la triste réalité des migrants climatiques et leurs difficultés à venir et rester en Europe devant les yeux… Bref ce méli-mélo d’informations et d’histoires m’a laissé plutôt pantoise sur la finalité de ce roman.

J’ai plus l’impression qu’Amitav GHOSH a profité de ce roman initiatique (en prenant pour prétexte une légende indienne aux mille dérivés) pour écrire un pamphlet des différents problèmes que rencontre nos sociétés actuelles sans avoir réellement réussi à trouver le dénominateur commun ou le trait d’union entre tous ces maux tout en y mêlant du mystique et du surréalisme. D’où un roman un peu décousu qui m’a laissé sur ma faim et plutôt déçu par la mièvrerie ou naïveté du personnage principal sans profondeur pour lequel je n’ai eu aucune empathie. C’est dommage car les thématiques abordées me concernent de près pourtant sans arriver à soulever mon intérêt ; même la Sérénissime ici n’a pas généré l’éblouissement qu’elle me procure habituellement. Une belle prise de conscience (et après tout pourquoi pas le prendre que comme ça, et puis d’ailleurs il faut même peut-être le prendre uniquement comme ça !) mais cela reste gentillet… sans plus pour moi.

architecture

« Hallgrimskirkja » Reykjavik

La « Hallgrímskirkja »  est une église luthérienne située à  Reykjavik, en Islande. D’architecture tout en béton et de style très moderne elle a été construite de 1945 à 1986 et rappelle les orgues balsamiques présentent sur l’île. Sa flèche culmine à 74,5 mètres.

Bizarrement je la trouve plutôt stylée !

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