architecture

le Village d’Huaxi, Chine

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Je ne connaissais pas l’histoire de ce village, qui bât les records d’étonnement ! outre le visuel de ce « village » que je trouve d’un déprimant sans nom, la vie dans ce « village modèle » semble incroyable !

Se revendiquant « village le plus riche de Chine » (les habitant seraient tous milliardaires) cet endroit sorti de terre il y a plus de 50 ans cumule environ 30 000 habitants pour qui les frais de logement, de santé et d’éducation seraient gratuits. En contre partie on travaille 7 jours sur 7, 10 heures par jour ! les lumières sont éteintes à 22h00 le soir pour permettre à tout le monde de dormir en paix ! mais si vous quittez le village vous y laissez tous vos privilèges. La valeur travail est l’unique distraction que vous aurez !

ça fait rêver !

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Mes lectures

« Holly » Stephen KING

Je viens de finir « Holly » de Stephen KING.

Je me souviens de mon premier Stephen King comme d’un frisson fondateur. J’avais 14 ans, et c’est peu dire que depuis, l’homme n’a jamais quitté ma bibliothèque – ni mon imaginaire. J’ai grandi avec ses cauchemars, vieilli avec ses personnages, et appris à guetter, au-delà des ténèbres, cette lumière étrange qu’il sait si bien faire surgir. Lire un nouveau King, c’est comme retrouver une vieille route familière dont il aurait, encore une fois, déplacé les panneaux.

Et pourtant, avec « Holly », je n’étais pas tout à fait prête à ce qu’il me prenne autant par surprise. Comment KING arrive-t-il encore à nous surprendre avec une « terreur » inédite ? je pensais qu’avec cet auteur tous les terrains de l’horreur avaient été foulés, que nenni ! Une nouvelle fois il franchit une contrée inexplorée et ce n’est pas pour nous déplaire.

Ce roman marque un virage plus feutré, plus introspectif, tout en gardant cette tension si caractéristique de son style. Ce n’est pas l’horreur explosive de ses débuts, ni le fantastique pur de ses grandes sagas, mais une sorte de vérité troublante qui s’immisce doucement, presque discrètement, jusqu’à nous coller à la peau. C’est un King mature, affûté, presque minimaliste… et pourtant toujours aussi redoutable.

Holly le personnage central – que les habitués retrouveront avec un plaisir certain – est porté par une justesse d’écriture et une sensibilité qui m’ont profondément touchée. On sent que l’auteur, loin de se reposer sur sa légende, continue d’explorer, de sonder, de chercher ce qui fait vibrer l’âme humaine. Et il le fait ici avec une précision presque chirurgicale. Stephen King écrit comme s’il connaissait ses lecteurs un à un, comme s’il murmurait directement à notre oreille.

Alors oui on pourra reprocher au Maître dans « Holly » d’appuyer un peu trop avec son stylo sur son aversion du président Trump et sa politique. Tout comme dans ce roman la Covid prend une place à part entière qui pourrait laisser deviner l’angoisse que King a vécue pendant la pandémie.

Ce roman, je l’ai lu avec la fébrilité d’une ado, mais aussi avec l’œil plus lucide de la lectrice que je suis devenue. Et j’y ai retrouvé tout ce que j’aime chez lui : une tension subtile, des personnages d’une grande humanité, une critique sociale fine, et cette plume si reconnaissable, où la simplicité cache souvent une immense profondeur.

« Holly » c’est Stephen King qui ne cherche plus à prouver quoi que ce soit – il raconte, et c’est amplement suffisant. C’est un livre qui ne crie pas, mais qui résonne longtemps.

Et vous savez quoi ? J’en redemande.

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Mes lectures

« Borgo Vecchio » de Giosuè CALACIURA

C’est un tout petit roman certes (tout juste 160 pages) mais un roman qui marque et dont l’intensité poignante ne laisse pas de marbre.

Nous sommes dans le cœur populaire de Palerme dans la zone portuaire, sans ancrage chronologique, un quartier ou plutôt un microcosme, où la vie est condensée, encombrée, saturée mais surtout délabrée comme le sont les rues de cet arrondissement …

Les habitants de ce petit monde inextricable où le temps semble suspendu tentent de survivre entre misère, pauvreté, violence conjugale, lois informelles… tout le monde veut sa part d’amour mais même l’espoir ne semble pas accessible, le bonheur ? encore moins…

Cristofaro (le souffre-douleur de son père) et son ami Mimmo (le fils du boucher escroc) l’amoureux transi de Céleste (la fille de Carmela la prostituée du quartier qui va se marier avec Toto le voleur), rêvent d’une autre vie loin de ce monde d’adulte, de ce lieu dont la noirceur vous enseveli et vous enserre le cœur chaque jour un peu plus. L’insouciance fait vite place à la cruauté et les rares moments de joie sont vite effacés par la dure réalité de la vie. Heureusement ils ont un plan !

L’écriture de CALACIURA est sans appel, vive, tranchante et percutante, c’est de la poésie lyrique. Dans ce dédale palermitain où même la police n’ose s’aventurer, où tout le monde se connaît mais personne ne vient vous aider, où la dureté de la vie vous accable et vous laisse sur le carreau sans main tendue, les habitants se toisent sans oser le moindre geste. C’est l’Omerta, la loi du silence et la loi du talion réunies.

Ce tableau si bien décrit en clair obscure tel un Caravage poignant nous touche et nous tord les tripes. Tout est si bien retranscrit : les odeurs du pain, les couleurs passées des murs des maisons, la crasse qui recouvre les rues et l’âme de ses hôtes… avec ce roman tous nos sens sont en éveil et notre cœur en ressort chaviré.

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architecture

Le phare des Þridrangar

Situé à une dizaine de kilomètres de l’île principale de l’archipel des îles Vestmann, dans la région de Suðurland, au sud de l’Islande.

Construit en 1939 à 30 mètres au-dessus de la mer il est souvent reconnu comme le phare le plus isolé du monde ! Þrídrangar signifie « trois piliers rocheux », en référence aux 3 stacks présents : Klofadrangur, Thufudrangur et Stóridrangur et c’est sur ce dernier qu’est construit le phare.

Il est automatisé depuis 1993 et accessible uniquement par hélicoptère, il est devenu un symbole de l’Islande.

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Mes lectures

« Les Frères K » de David James DUNCAN

J’avais déjà lu « La Rivière pourquoi » de DUNCAN, que j’avais beaucoup aimé, je fonçais donc tête baissée (et vivement encouragée) dans la lecture de ce roman.

Les Frères K est une œuvre foisonnante, audacieuse et profondément humaine, un roman qui frappe par son ampleur émotionnelle autant que par son ambition littéraire. Ce n’est pas un récit que l’on traverse distraitement : c’est une immersion, une expérience. Ce qui fait la force du livre, c’est avant tout la manière dont Duncan capte, avec une justesse rare, les mouvements subtils de la vie familiale, entre les frictions du quotidien, les tourments religieux et les élans du cœur.

Le livre se distingue par une écriture généreuse, pleine de vitalité et de tendresse, capable de faire naître des personnages inoubliables (je pense bien sûr à Irwin un des frères, ou les truculentes jumelles) sans jamais sombrer dans la caricature. L’histoire nous est racontée principalement par le plus jeune des frères : Kincaid mais également parfois sous forme de lettres écrites par les frères. Chaque membre de cette famille complexe trouve une voix propre, vibrante, parfois drôle, parfois douloureuse, mais toujours profondément sincère. Certains passages — dans leur intensité émotionnelle ou leur humour désarmant — laissent une empreinte durable, presque physique. On rit, on serre les dents, on s’émeut, souvent dans la même page.

Deux sujets majeurs plantent le décor : La religion qui tient ici un rôle prédominant à travers la mère indéboulonnable pilier de l’église adventiste de la région, et le baseball qui est l’apanage du père et par ricochets les fils qui n’en finissent pas d’admirer leur père infatigable lanceur de balle.

Puisque je parle de baseball, il faut que je vous avertisse : il y a des longueurs ! en particulier dans les pages qui y sont consacrées. Duncan y déploie une passion évidente, et ses métaphores sportives peuvent parfois toucher au poétique, mais pour un lecteur peu sensible à cet univers (comme moi), ces digressions techniques ou métaphysiques autour du lancer parfait, la carrière de tel ou tel joueur ou de la stratégie de jeu peuvent ralentir la lecture (voire ennuyer ou pire faire friser l’abandon de lecture…). Mais c’est vrai, même ces moments ont leur justification : le sport devient, sous la plume de DUNCAN, une sorte de prisme à travers lequel se lit la complexité des relations humaines, de la foi, de l’échec et du pardon.

Là où ce roman excelle, c’est dans ces moments suspendus entre les membres de la famille Chance, dans les petits riens qui deviennent tout, dans les éclats de dialogue, les silences lourds, les regards échappés. Duncan a l’art de faire surgir une forme de beauté dans la banalité, une spiritualité sans dogme, une tendresse sans mièvrerie. On ressort de cette lecture avec le sentiment d’avoir côtoyé de vrais êtres humains, avec leurs failles, leurs convictions, leurs folies et leur courage. Il faut rappeler que nous sommes dans les Etats-Unis des années 60-70 entre folies et exploits, espoirs et acharnements, guerres et traumatismes…

Les Frères K est un roman ample, parfois exigeant, mais toujours sincère et généreux. Un livre qui prend le temps — parfois un peu trop — mais qui, finalement, offre une profondeur et une chaleur rares. Une œuvre marquante, qui se digère et à laquelle on repense longtemps après avoir tourné la dernière page.

architecture

La « Torre Scola » sur l’île de Palmaria au large de La Spezia en Italie.

J’adore cette jolie tour (de son nom originel Torre di San Giovanni Battista) en ruine certes, construite au XVIème siècle sur ordre de la République de Gênes et ayant un but défensif.

Détruite par des bombardements entre la flotte Française et la flotte Anglaise pendant les guerres Napoléoniennes puis transformée en phare au début du XXème siècle elle est maintenant un monument prisé et visité du Golfe des poètes.

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Mes lectures

« Tant que le café est encore chaud » et « Le café du temps retrouvé » de Toshikazu KAWAGUCHI

Je viens de finir « Tant que le café est encore chaud » et « Le café du temps retrouvé » de Toshikazu KAWAGUCHI. Je ne pensais pas en entamant la lecture du premier tome de cette tétralogie qu’il s’agirait d’une histoire « tirant » sur le fantastique.

Le décor : Tokyo et plus précisément le « Funiculí, Funiculà » petit café presque caché, en soubassement, plutôt sombre, suranné et pas vraiment attrayant si ce n’est qu’une légende urbaine plane sur ce lieu : la possibilité de voyager dans le temps pour « réparer » une erreur ; mais attention il faut se dépêcher vous devez impérativement revenir avant que votre café ne refroidisse.

4 moments de vie se succèdent dans le premier tome de ce roman, 4 « clients », occasionnels ou non, du café vont nous livrer leur histoire mais surtout leurs regrets ou remords avec l’espoir de remonter dans le temps et pouvoir effacer ce poids qui les hante.

J’ai apprécié l’ambiance de ce café atypique et les personnages travaillant ici. La fluidité et la facilité de lecture (malgré peut-être quelques maladresses de traduction) sont agréables. L’originalité de cette légende urbaine et surtout le questionnement autour de la véracité de cette possibilité de voyager dans le temps maintiennent le « suspens » mais j’ai regretté le manque de « dynamisme » de l’écriture. J’ai été un peu lassée de lire pour chaque histoire le (long) processus qui permet de réaliser son « voyage » et le manque de réaction des protagonistes (oui j’oublie toujours que les japonais n’ont pas la même façon d’extérioriser leurs émotions que nous !).

La suite du premier tome « Le café du temps retrouvé » donc, part déjà avec la difficulté de ne plus nous surprendre avec l’originalité de l’histoire, mais en plus la redondance des explications et les récits moins intéressants ont fini par me lasser. Certes retrouver les tenanciers du bistrot était plaisant mais le fumet du café du premier tome a laissé place à une saveur plus âpre dans ce deuxième opus. Je me suis perdue entre les tables du troquet et j’ai été ennuyée d’être désorientée entre tous ces noms se ressemblant.

On le sait, le café réchauffé perd de sa saveur et gagne en amertume. Je ne lirai donc pas le troisième ni le quatrième volet de cette tétralogie (« Le Café où vivent les souvenirs » et « Le Café des au revoir ») même si a posteriori et en écrivant cette « critique » je garde un souvenir presque mélancolique du premier de ces petits romans.

Jamme, jamme jà, funiculí, funiculà

Mes lectures

« On m’appelle Demon Copperhead » Barbara KINGSOLVER

Je viens de finir « On m’appelle Demon Copperhead » de Barbara KINGSOLVER. Prix Pulitzer 2023, ce roman est une petite pépite ! On le sait en lisant la quatrième de couverture et l’auteure le revendique, Demon Copperhead c’est le « David Copperfield » de Charles Dickens mais version moderne et Américaine (nous sommes dans le Comté de Lee en Virginie au fin fond des Appalaches dans les années 80-90).

Comment ne pas être émue devant ce héros, né à même le sol d’un pauvre mobil-home d’une mère junkie complètement défoncée et inconsciente et d’un père mort. Damon « se met au monde » tout seul et quand on commence comme ça dans la vie, difficile de se relever !

Damon (puis Demon pour certains ou Diamant pour d’autres) va vite comprendre la dure réalité de la vie, et sans l’aide de ses voisins (les Peggot, qui dans la famille « j’ai pas de bol », ont tiré un sacré nombre de cartes également) Demon ne serait sans doute plus là.

Kingsolver à travers ce roman brosse le portrait d’une Amérique blessée, dévastée… c’est l’Amérique rurale des laissées pour compte, des impuissants, des méprisés et des démunis. Damon va bien sûr en faire les frais. Ballotté de familles d’accueil plus véreuses les unes que les autres, placé « au petit bonheur la chance » (mais sans le bonheur ni la chance !) par des services sociaux dépassés et au comble de l’impéritie Damon tente de survivre malgré tout. Grâce à sa gouaille, sa résilience à toute épreuve et sa débrouillardise imposée Damon trace son chemin.

Au milieu de tout ça quelques rayons de soleil heureusement : Maggot (le petit « protégé » des voisins, Angus, la fille de son coach de sport, sa grand-mère, M. Dick et son cerf-volant rempli de poésie et Tommy ah… pauvre Tommy…). Phares au milieu de la brume, ces personnages se greffant à l’histoire de Damon renforcent le sentiment d’impuissance et d’incompréhension dans lequel évolue Damon.

Le scandale des lobbys pharmaceutiques ayant inondé d’opioïdes et autres antidouleurs (véritables porte-d ’entrée aux drogues dures) pour rendre accros tous ces démunis, la misère des Appalaches où les mines de charbon dévastées et surexploitées recrachent leurs mineurs dans le dénuement et la maladie. Les « Rednecks » , ces pauvres hères blancs, sans éducation, sans argent, shootés aux médicaments et autres drogues, parfois même violents, s’enveniment aux rêves que leur distille la vision des riches qui les toisent.

Ce roman, c’est une petite claque ! Comment ne pas être émue devant ce pauvre môme qui fait tout pour s’en sortir avec les moyens qu’il a, c’est-à-dire rien… conscient de tout ce qui se passe malgré son âge, malgré son manque d’amour, d’éducation, d’argent… Fataliste mais résilient, fort mais blessé, rempli d’espoir et d’une générosité sans faille, ce héros des temps moderne caractérise à lui seul le profond malaise et mal-être que Kingsolver pointe du doigt. Cette Amérique gangrenée par la drogue et la misère que l’on cache aux yeux du monde parce que l’Amérique c’est « l’American Dream » et non l’image qu’elle reflète désormais en réalité.

« On m’appelle Demon Copperhead » est sans conteste un des meilleurs livres que j’ai lu ces dernières années, un petit tsunami dont la vague une fois passée vous laisse une profonde entaille dans la mémoire littéraire.