Mes lectures

« Voyage en Italie »

Je viens de finir « Voyage en Italie » de Jean Giono.

On est certes loin de me idéaux littéraires avec Giono dont le style et les sujets ne me touchent guère (voir pas du tout) mais là il est vrai qu’avec ce livre tout semblait réuni pour me plaire. L’Italie dont je ne cesse de vanter les milles et un enchantements que me procure ce pays dont j’aimerais tellement découvrir plus… et qui plus est le nord de l’Italie, région que je connais le mieux du pays pour y avoir eu la chance de visiter entre-autre le lac de Côme, Venise, Pise, Florence… et dont je garde de si merveilleux souvenirs. Bref, je me lançais pleine d’espoir de lire ce que pourrait ressentir un voyageur novice et vierge de toute référence tel que Giono jamais sorti de son Manosque natal !

Bon ben désillusions… Giono revendique lui-même n’avoir jamais voyagé et n’aimer que son « Manosque » et nous voilà face à un « piètre » compagnon de voyage, taciturne, bougon et difficilement impressionnable… Je n’ai pas trop compris sa démarche de nous faire partager ce voyage dont beaucoup rêverait puisque presque chaque endroit traversé ne l’enchante pas… Il déteste la riviera, il déteste le monde, il déteste la chaleur et le bruit de la ville… il ne fait qu’une chose essayer de retrouver Manosque dans les ruelles Italiennes qu’il sillonne… bref il me casse tous mes idéaux ! Florence, Milan, Venise, Padoue, Bologne sont écorchées… Heureusement qu’une fois sorti des sentiers battus du Venise « touristique » il apprécie quand même le lieu pour sa magnificence et provoquante splendeur ! ouf, le crime de lèse-majesté a été frôlé ! l’honneur est sauf mais entaché quand même ! j’avais un mauvais « a priori » de l’auteur et avec cet essai il ne remonte point dans mon estime… le livre aura eu quand même le mérite de me refaire voyager mentalement dans ces villes enchanteresses, riches et bigarrées que j’affectionne tant !

Mes lectures

« Tattoo »

Je viens de finir « Tattoo » de Earl Thompson, c’est la première fois que je « recule et rumine » l’échéance d’écrire une critique sur un livre tellement je suis perplexe et mitigée face à ce livre…

Ce livre est la suite de « un jardin de sable » que je n’ai pas lu (je ne savais pas que c’était une suite). On peut bien sûr lire celui-ci sans avoir lu le premier mais je pense que lire le précédent doit nous permettre de bien planter le « personnage » que nous avons ici… je mets le mot « personnage » entre guillemets car c’est bien un énergumène dont nous suivons l’adolescence ici.

Derrière l’écriture crue (très crue), percutante et dérangeante de Thompson ce roman initiatique paru en 1974 ne peut que laisser des traces indélébiles à ceux qui le lisent.

L’histoire est celle de Jack, quinze ans tout juste en 1945, une vie misérable dans le non moins misérable mobile-home de ses grands-parents à Witchita au fin fond du Kansas. D’obsession sexuelles en influences hasardeuses, de mensonges en fantasmes, de haines en rêves, de dégoût de la vie en imaginations fantasques Jack imagine son futur loin de cette vie de déchéance. La découverte de la sexualité qui lui bouffe le cerveau, le manque d’argent qui le bride et les mauvaises fréquentations de Jack vont le pousser dans ses retranchements. Trop d’envies de libertés, trop d’envies de découvertes, trop d’envies de fuir cette pauvreté et quelques mensonges plus tard le voilà enrôlé dans Navy.

Désir de « casser du Jap », de donner un sens à sa pauvre vie, de laisser libre cours à ses pulsions sexuelles et nous suivons Jack de la Chine à la Corée en passant par l’Allemagne où chaque escale sera l’occasion d’essayer de « sauter » tout ce qui ressemble à une femme… et il va y mettre toute son énergie ! et y laisser toutes son âme.

Ce roman c’est l’anti « american dream », c’est le désespoir et la décadence, c’est la fureur et le bruit…

Je disais donc que je suis perplexe et mitigée car malgré le portrait ciselé au scalpel du personnage et le réalisme exacerbé de ses sentiments les passages sexuels du livre sont nombreux, tellllllement nombreux, tellement crus que parfois on se croirait dans un descriptif anatomique pornographie de ses ébats et performances. Dès qu’une femme passe devant lui, (ou s’il n’y en a pas la recherche effrénée de prostitués pour assouvir sa libido débridée) il faut qu’il la couche…

Mais en même temps… c’est si bien écrit, c’est percutant, poignant, désespérant, énervant, lubrique, malsain et lassant parfois mais attachant finalement… et la fin… mais quelle fin « poignardante », touchante, désolante… bref au bout des 1024 pages, je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou si j’ai été dégoûtée… choquée et bouleversée en tout cas !

Âmes vertueuses et chastes s’abstenir !

Mes lectures

« Le village des damnés » de John Wyndham

Je viens de finir « le village des damnés » de John Wyndham paru à l’origine sous le titre « les coucous de Midwich ».

Roman de science-fiction « culte » sorti en 1957, adapté 3 ans plus tard par Carpenter au cinéma.

Neuf mois après un événement mystérieux qui a isolé du monde pendant une nuit le petit village Midwich, toutes les femmes mettent au monde des enfants « surnaturels » dotés d’étranges pouvoirs. Voila le résumé de ce roman dont le début m’a fortement fait penser au « Dôme » de Stephen King, je suis quasiment sûre que King s’est inspiré de ce livre pour écrire le début de sa dilogie.

J’ai bien aimé l’écriture un brin désuète (on retrouve bien là le charme suranné des romans SF des années 50), british, très flegmatique et légèrement empesée. L’ambiance lourde et malsaine qui s’installe peu à peu dans le village est bien retranscrite. Même si on n’a pas du tout peur (en même temps ce n’est pas un livre d’horreur comme pourrait le laisser croire le titre) on ressent un léger trouble s’immiscer à mesure que ces enfants grandissent. En lisant le livre je me mettais à la place des habitants me demandant comment me sortir de ce marasme et, incroyablement, la fin est exactement celle que j’aurai imaginé si on m’avait demandé d’en trouver une !

L’histoire aurait mérité d’être plus creusée et travaillée (King en aurait fait un chef-d’œuvre) mais j’ai passé un bon moment ! étrangement je ne suis pas une grande fan de romans SF (contrairement aux films de cette catégorie que j’adore) je n’en ai que rarement lu mais celui-ci me semble un modèle du genre (à resituer bien sûr dans son époque !).

A recommander pour les amateurs de SF ou pour (re)découvrir le genre.

Mes lectures

« Cyanure » de Camilla Läckberg

Je viens de finir « Cyanure » de Camilla Läckberg. Petit « spin off » de la « série Erica Falk » dont j’ai lu les 9 premiers opus et dont nous retrouvons ici le personnage de Martin Molin.

La patte et l’ambiance de Läckberg que j’adore sont toujours présents et le décor de tempête de neige dantesque dans lequel nous sommes plongés accroit ici le côté oppressant de ce huis-clos scandinave.

Petit roman policier dans la veine d’un Agatha Christie ou d’un Conan Doyle efficace mais quelque peu facile et peu creusé (le problème des tous petits romans, presque une nouvelle ; il se lit en une paire d’heures). J’apprécie toutefois toujours l’univers suédois de Läckberg et la fluidité de lecture qu’elle nous offre.

Pour les grands fans de Läckberg qui ne veulent rien louper 😊 ou si vous voulez vous refroidir un peu.

Mes lectures

« Le lecteur de cadavre » de Antonio Garrido

Je viens de finir le « lecteur de cadavre » de Antonio Garrido. En voilà un roman original… Je ne connaissais pas du tout ni ce livre ni l’auteur et je suis tombée dessus un peu par hasard attirée par le résumé du livre.

Nous sommes ici dans la Chine Impériale (à notre équivalent du XIIIème siècle) et nous suivons la vie du jeune Ci Song qui bravant moultes péripéties va devenir le premier médecin légiste de l’histoire ! inspiré de l’histoire vraie de Ci Song (ou plutôt Song Ci puisque les chinois s’appellent par leur nom de famille avant le prénom) ce roman dépaysant et parfois violent nous emmène vers des contrées inconnues où le poids des traditions et coutumes écrasent ce peuple atypique à nos yeux d’occidentaux.

Les prémisses de l’expertise médico-légale sont ici explorées ce qui rend ce roman peu banal et parfois déroutant. Malgré pas mal de longueurs Garrido m’a fait voyager à travers son roman dans un lieu et une période peu sillonnée jusqu’à présent dans mes lectures. Nous sommes conscients du « fardeau » traditionnel porté par les chinois mais ici cette charge est décuplée par les ignorances et l’obscurantisme presque encore « logiques » des figures politiques du pays.

Entre révoltes et compassion nous sommes guidés par Ci Song vers le génie médicale si nébuleux et inexploré encore à l’époque. Un énorme travail de recherches a été effectué par l’auteur pour nous restituer l’ambiance de l’endroit ce qui rend ce long roman très riche en découvertes. Les sentiments et émotions dégagés par les personnages sont tellement mis en exergue qu’on se croirait devant une scène de théâtre Nô.

A découvrir si votre curiosité sur les mœurs médicales chinoises vous titille ! ou si vous avez envie d’exotisme littéraire.

Mes lectures

« Papillon de nuit »

Je viens de finir « Papillon de nuit » de R.J. ELLORY.

C’est le 4ème livre que je lis de lui après « Seul le silence », « Mauvaise étoile », et « Un cœur sombre » alors qu’en fait celui-ci est le premier qu’il a sorti.

On le sait (et ça fait partie des choses que j’aime chez Ellory), ses romans sont très noirs, très rudes, sans issues ni la moindre perspective d’un rayon de soleil donc j’attaquais ce roman conditionnée par mes précédentes expériences « Elloryesques ».

Et n’ai pas été déçue ! …immédiatement plongée dans l’univers carcéral que j’affectionne tant nous apprenons dès le début l’issue prévue par le personnage principal du livre nous racontant son histoire (et quelle histoire !) depuis sa cellule dans le couloir de la mort.

Je dis « quelle histoire ! » car j’ai adoré lire les péripéties et déboires des 2 protagonistes qui mèneront le personnage principal à l’endroit où il se trouve pour nous raconter cela. Encore une fois je persiste à dire que les romans impliquant de jeunes ou très jeunes héros sont souvent excellents. C’est un roman plein d’innocence, plein de découverte, plein d’espoirs (ce qui est rare chez Ellory) et qui se passe dans les Etats-Unis des années 1950 aux années 1980.

Sur fond de guerre du Vietnam et montée du Ku Klux Klan c’est très bien documenté sur les dérives et horreurs politico-sociales de cette période ; on est complètement immergé dans l’ambiance et on devient pleinement impliqué aux aventures vécues par ces jeunes. Peut-être un petit temp mort vers le milieu du livre où justement les détails historiques de la sphère politique américaine de l’époque sont un peu trop poussés, mais en même temps pour se plonger dans l’ambiance c’est nécessaire. Une histoire qui n’est pas sans rappeler le contexte actuel que vivent les américains !

C’est très bien écrit, c’est percutant, c’est frais et lourd en même temps, la fin tellement inéluctable, morale mais surprenante m’a émue et m’a soulagée en même temps.

J’ai beaucoup aimé et je peux dire que c’est de loin le Ellory que j’ai préféré, il est excellent ! Un papillon de nuit qui ne s’est pas brulé les ailes mais s’est posé doucement sur la liste de mes romans « coup de poing » !

Mes lectures

« Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon »

Je viens de finir « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » de Jean-Paul Dubois.

Honte à moi je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j’avais bien sûr entendu parler de ce roman ayant remporté le prix Goncourt.

Je ne sais pas si j’arriverai à retranscrire ce que j’ai ressenti pour ce roman tellement je l’ai trouvé incroyable. Le style d’écriture est à la fois très facile à lire et à comprendre et en même temps si on prend le temps de vraiment appuyer la lecture des phrases on s’aperçoit que le style et le vocabulaire sont plutôt élaborés. C’est finement ciselé et incisif. J’ai adoré son histoire pourtant très simple mais à la fois si originale et belle, j’ai adoré le style à la fois très clair mais travaillé, j’ai adoré les personnages aux vies atypiques, et la douceur du récit mêlé à la rage et l’injustice que l’on ressent à la fin.

Bref un roman de contrastes qui m’a fait sourire, rire, réfléchir, voyagé mais m’a surtout fortement ému. Le plus étonnant dans ce roman dont je ne ferai pas le résumé pour ne pas trahir son innocence et sa magie c’est que tous ces sentiments que l’on ressent se profilent petit à petit au fil des lignes pour finir en apothéose. Quand j’ai commencé à le lire j’ai de suite accroché mais je ne comprenais presque pas pourquoi ce livre avait reçu le Goncourt tant il semble « accessible » et presque « banal » mais il en est tout autre et le charme de ce livre m’a envouté tel un Houdini au sommet de son art.

Ma douce amie la mélancolie a été bien titillée. Un roman aux petits oignons que j’ai adoré, un vrai coup de cœur ! Goncourt largement mérité !

Mes lectures

« La panthère des neiges »

Je viens de finir « La panthère des neiges » de Sylvain Tesson.

Magnifique récit de voyage (qui a remporté le prix Renaudot) sur un sujet qui ne pouvait que me plaire : la quête de la sublissime panthère des neiges. Ils sont 4 : Sylvain Tesson le globe-trotteur reporter, Vincent Munier (le photographe animalier), sa femme Marie et leur aide de camp Léo. Partis au fin fond du Tibet sur les traces de ce mystérieux bijou d’animal… ce n’est pas seulement un récit de voyage mais c’est un vrai parcours initiatique sur l’envie de rencontrer cette déesse douce, brutale et silencieuse. Ce n’est pas un roman c’est une ode à la vie sauvage, une déclaration d’amour pour les animaux, un dévouement un don de soi…

J’ai partagé pleinement leur expérience glaciale, sèche, rude, sourde mais si riche et étonnamment chaleureuse au moment de la rencontre tant attendue. Sensibilisée à la cause animale et écologique je ne pouvais que m’émerveiller devant tant de beauté, de puissance, de douceur mais surtout de vulnérabilité…

Bref un petit bijou empli de tendresses, d’émotions de puissance et de nostalgique qui bien sûr plaira surtout aux amoureux de la nature et ses apôtres en perdition que sont les animaux sauvages…

Mes lectures

« La disparition de Stephanie Mailer »

Je viens de finir « La disparition de Stéphanie Mailer » de Joël Dicker.

Repensant aux excellents « Le livre des Baltimore » et « la vérité sur l’Affaire Harry Quebert » que j’avais adorés je ne pouvais qu’espérer celui-ci du même niveau… C’est vrai Dicker manie toujours à la perfection et sur le bout des doigts  l’art de nous diriger là où il veut, nous faire penser ce qu’il veut et nous tenir en haleine; mais pour moi, pour faire un excellent roman cela ne suffit pas.

Certes l’intrigue plantée dès le début, même si classiquement policière, nous donne envie d’avancer mais je déplore un peu le trop grand nombre de personnages (plus ou moins intéressants d’ailleurs voir pour certains exaspérants) qui à chaque nouveau paragraphe « racontent » leurs péripéties. Du coup on est un peu trop balloté à droite et à gauche et on fin presque par se perdre entre tous ces journalistes littéraires et policiers. De facto on s’identifie et s’attache moins aux personnages principaux moins travaillés et psychologiquement creusés qu’habituellement.

Les ficelles un peu épaisses de l’intrigue et les évidences « non vues » des policiers m’ont un peu dérangé, certains passages sont presque caricaturaux tellement ils sont exacerbés mais je suis j’en conviens un peu sévère ici. Mon œil critique habitué à l’excellence avec Dicker tolère moins du coup le juste « très bien ».

Malgré cela je ne me suis pas ennuyée un instant ce qui pour 630 pages et déjà un exploit et je garde quand même un avis très positif de ce roman que je recommande toutefois chaudement.

Mes lectures

« Le Maître des illusions »

Je viens de finir « le maitre des illusions » de Donna Tartt.

Une nouvelle fois je me faisais une joie de commencer ce livre, bercée par le souvenir du « Chardonneret » et emplie de bonnes critiques plusieurs fois entendues… bon, décidément je crois que je ne retrouverai jamais ce que j’ai ressenti pour « le Chardonneret ».

Certes on retrouve les magistrales introspections des personnages principaux et l’impressionnante descente aux enfers qu’ils subissent mais j’ai trouvé le roman trop long et beaucoup trop ponctué de passages inutiles.

Je n’ai pas retrouvé le style fluide habituel de ses romans, la légèreté de ses phrases mais j’ai été impressionnée par la retranscription de l’ambiance très lourde, pesante et oppressante qu’elle a voulu appliquer.

La description des décors du Vermont et la rudesse de son climat m’ont beaucoup plu ainsi que la richesse du travail sur les écrivains et philosophes grecs très présents dans le livre, mais je reste tout de même sur ma « fin » quant au déroulement laborieux et finalement pas si intéressant du « drame » de l’histoire. Je m’attendais à une fin explosive, ma frustration a été frôlée…

Roman très travaillé, trop poussé peut-être et une impression un peu trop pesante que l’écrivain s’autosatisfaisait de lire ce qu’elle écrivait… je n’ai vu ni maître ni illusions…