architecture

« Lemmer » Pays-Bas

La ville de Lemmer dans la province de Frise aux Pays-Bas.

Une architecture basée sur des canaux artificiels complètement maîtrisés, c’est magnifique vu du ciel mais apparemment difficile à vivre laissant peu de place aux loisirs et composée surtout de résidences pour riches retraités.

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Mes lectures

« Veiller sur elle » Jean-Baptiste ANDREA

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Je viens de finir « Veiller sur elle » de Jean-Baptiste Andrea

Quel superbe Goncourt que celui-là. Je ne suis pourtant pas de celles qui aiment les Goncourt avec ferveur, mais Veiller sur elle m’a saisie et enchantée.

Mimo et Viola… deux êtres à la fois fragiles et démesurés.
Lui, si petit par la stature et pourtant gigantesque par la grâce de ses mains, par ce talent qui dérange autant qu’il éclaire.
Elle, fille d’une puissante et riche famille du piémont Italien, brûlante de liberté, trop lumineuse pour l’époque qui voudrait la contraindre, trop précurseur pour un monde encore aveugle.

Leur histoire se déploie comme une fresque sculptée, vibrante de poésie, dans cette Italie de la région de Coni où la beauté de la vie se heurte au grondement de l’Histoire et à la puissance incommensurable de l’Eglise. Sur fond de première et seconde Guerre Mondiale et de fascisme montant, ces deux âmes sœurs que tout sépare — corps, condition, destin — restent attachées l’une à l’autre par un fil invisible, tissé d’art, de douleur, d’espérance et d’un amour qui ne dit jamais vraiment son nom.

Chacun enfermé dans un corps qui l’entrave : Viola, femme dans un monde qui la voudrait docile ;
Mimo, petit homme que l’on voudrait éteindre. Et pourtant, en eux, une grandeur indomptable.

Autour d’eux, une galerie de personnages d’une justesse, d’une humanité bouleversante. C’est une palette aux milles couleurs qui s’étale devant nous, un condensé de sentiments exacerbés entre amitiés, trahisons, tristesses et espoirs.     

C’est un roman ample, riche, habité.
Six cents pages qui ne pèsent jamais : elles coulent, elles dansent, elles sculptent.
On y traverse la laideur des hommes, la beauté de l’art, et cette zone secrète où l’amitié, la loyauté et la douleur se mêlent pour devenir destin.

Pur, puissant, déchirant et lumineux, c’est un livre qui ne se lit pas seulement ; il se dévoile comme une œuvre d’art que l’on regarde longuement.
Veiller sur elle, c’est l’histoire d’une création, mais c’est surtout un chef-d’œuvre en soi — un roman taillé dans le marbre, vibrant encore de la chaleur des mains qui l’ont façonné.

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Mes lectures

« Dead Stars » Benjamin WHITMER

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Je viens de finir « Dead Stars » de Benjamin Whitmer.

Il y a des livres qui brûlent lentement, d’autres qui explosent — Dead Stars est un incendie qui consume tout sur son passage, sans répit, sans espoir de rédemption. Après l’extraordinaire « Les Dynamiteurs », que j’avais adoré pour sa singularité dans le désespoir, Benjamin Whitmer revient avec une œuvre encore plus sombre, plus dense, plus radicale. Il ne propose pas un simple roman noir, mais un gouffre. Un puits de violence et de silence dans lequel chaque personnage tombe à sa manière, emporté par une rage sourde, une douleur muette, une absence totale de lumière.

Ce qui saisit d’abord, c’est l’incarnation de la violence. Elle n’est jamais spectaculaire, jamais gratuite (quoique) — elle est organique, inscrite dans la chair et le langage, dans le moindre geste. Elle vient d’un monde où la tendresse est une faiblesse, où la survie se paie en brutalité, où les mots ne réparent rien parce qu’ils n’ont jamais vraiment existé. Ici, tout est non-dit. Les silences sont plus lourds que les dialogues. Les gestes contiennent des vies entières de rancœur, de colère, d’abandon.

L’histoire est simple : Plainview, Colorado, en 1986, Randy Turner 14 ans n’est pas rentré hier soir, et du coup ce matin c’est toute la vie de la famille Turner qui bascule, et nous avec…

Les personnages ? Ce ne sont pas des héros, encore moins des victimes. Ce sont des êtres fracturés, incapables d’aimer autrement qu’en détruisant, incapables de fuir autrement qu’en fonçant droit dans le mur. Il y a chez eux une forme de fatalité, comme si chacun était programmé pour échouer, pour exploser, pour haïr. Et pourtant, Whitmer ne les juge jamais. Il les montre dans toute leur complexité — leur violence comme leur vulnérabilité — et c’est là que réside la force du roman : dans cette empathie cruelle, ce regard sans complaisance mais profondément humain.

L’Amérique que dépeint Whitmer n’a rien de mythique. C’est une terre morte, rongée par la drogue, les armes, la pauvreté, les rêves pulvérisés. En filigrane l’auteur dénonce l’horreur du développement de l’industrie militaire nucléaire et tous les impacts terribles qu’il découle de cette activité.

Il n’y a pas d’échappatoire, pas de héros, pas de salut. Seulement des trajectoires qui se croisent, se heurtent, s’annihilent. On ne sort pas indemne de Dead Stars, parce qu’il ne nous laisse pas le choix. Il ne cherche pas à plaire, ni à consoler. Il montre. Et ce qu’il montre, c’est la vérité crue des âmes perdues, quand toute illusion a été balayée depuis longtemps. Je garderai en mémoire le mantra du livre que j’adore et qui résume tout : « garde la merde à hauteur de tes chaussures » !

Je suis ressortie de cette lecture vidée, remuée, presque en colère — contre le monde, contre les personnages, contre la vie. C’est une lecture qui marque au fer, comme une brûlure qu’on n’oubliera pas.

Benjamin Whitmer signe ici un chef-d’œuvre d’ombre, d’humanité pervertie, de rage pure. C’est sale, c’est dur, c’est magnifique.

architecture

« Ponte City » Johannesburg, Afrique du Sud.

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Construite dans le style brutaliste en 1975 par l’architecte Manfred Hermer, la Tour Ponte City était à l’origine exclusivement réservée à la population blanche et riche de Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est la plus haute tour d’habitation d’Afrique.

Le « luxueux » gratte-ciel de 173 mètres de haut et 54 étages comporte des appartements sur 3 niveaux, des commerces ainsi que des jacuzzis au niveau du toit. Pourtant, en 1976, les émeutes de Soweto marquent le début de la lente dégradation de la Tour qui se vide de ses habitants blancs, remplacés progressivement par les migrants venus des pays voisins. Elle est rapidement devenue dans les années 80 un repaire du crime et de la pauvreté dont la partie vide centrale, tombée en ruine, s’est transformée en décharge géante et lieu de suicide.

En 2011 la totalité des 54 étages sont rénovés. Aujourd’hui, la Tour abrite Ponte abrite près de 3 000 personnes de classe moyenne et ouvrière, et immigrants congolais, nigérians et zimbabwéens.

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Mes lectures

« Un animal Sauvage » Joël DICKER

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Je viens de finir « Un animal sauvage » de Joël Dicker.

Lectrice fidèle de Joël Dicker, j’ai lu l’ensemble de ses romans depuis le phénoménal succès de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert et du tout aussi marquant Le Livre des Baltimore. Ces deux premiers livres m’avaient profondément séduite : une écriture rythmée, des intrigues habilement menées, j’avais adoré.

Malheureusement, la suite de l’œuvre de Dicker a été pour moi une lente descente — parfois vertigineuse — vers la déception. L’Énigme de la chambre 622, en particulier, m’avait laissé un goût amer, tant j’avais eu l’impression d’être prise à la légère (pour être polie) en tant que lectrice.

C’est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans Un animal sauvage… Et contre toute attente, je dois dire que ce dernier opus m’a (un peu) réconciliée avec l’auteur.

L’histoire s’ouvre sur un spectaculaire braquage à Genève. Très vite, le récit prend une tournure plus intime, en s’intéressant à Sophie et Arpad un couple parfait en apparence, installé dans une belle maison en verre en bordure de forêt et à leurs bien plus modestes voisins Greg et Karine.

À travers une construction habile entre passé et présent, Dicker tisse une intrigue où les apparences sont constamment trompeuses, et où chacun semble cacher sa véritable nature. Tel un horloger Suisse Dicker joue avec nos nerfs avec une adroite précision, nous baladant sur des chemins que lui seul veut nous faire prendre et ça fonctionne plutôt bien. Ces va-et-vient habillement menés (et sans jamais nous perdre en route) vont bien sûr nous éclairer et nous faire voyager entre la Suisse, St Tropez et l’Italie.

Le roman se lit avec fluidité, le style retrouve une certaine sobriété bienvenue, et l’intrigue, sans être bouleversante, parvient à installer un suspens efficace, presque plaisant. Certes, les personnages manquent toujours de profondeur — je n’ai, à vrai dire, ressenti aucune véritable empathie pour eux — mais la mécanique narrative fonctionne suffisamment bien pour qu’on ait envie de tourner les pages. Le twist final est plutôt finement amené et a l’effet escompté sur notre soif de suspense.

En somme, Un animal sauvage n’atteint pas la maîtrise de ses premiers romans, mais il s’en approche davantage que les précédents. Un Dicker plus digeste, plus maîtrisé, et qui redonne — un peu — espoir à celles et ceux qui comme moi l’avaient adoré à ses débuts.

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architecture

Aitoliko, Grèce.

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Reliée au continent grâce à 2 ponts de pierres à voutes elle est entourée de 2 lagunes. J’adore cette petite île-ville de Grèce occidentale, (densément peuplée certes) et surnommée « la petite Venise de Grèce » ! quand je la vois j’ai l’impression de voir une limule !  

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Mes lectures

« La librairie Morisaki » Satoshi YAGISAWA

Je viens de finir « La libraire Morisaki » de Satoshi Yagisawa.

Je me suis saisi de ce petit livre sans grande conviction, avec encore en mémoire ses « semblables » qui n’avaient pas entièrement comblé mes désirs de lectrice. Des livres comme celui-ci j’en ai lu, dans des pâtisseries, des superettes, des cafés… je m’attendais donc à un énième roman « asiatiquement » léger . Et pourtant…

Il est des livres qui ne font pas de bruit.
Des livres qui, sans promesse tapageuse, s’ouvrent comme une fenêtre sur une rue calme, quelque part entre hier et demain. La librairie Morisaki est de ceux-là.

Satoshi Yagisawa nous offre ici une parenthèse légère et apaisante, un roman qui se déplie doucement, comme un matin de printemps à Tokyo. On y entre comme on pousserait la porte d’une vieille boutique de livres d’occasion, le cœur un peu lourd peut-être, mais l’esprit curieux. Et l’on y reste… parce qu’on s’y sent bien.

Loin des recettes attendues du roman feel-good — souvent sucrées à l’excès — celui-ci a le goût discret du thé vert : simple, mais subtil. Il y flotte un parfum d’authenticité, quelque chose de non forcé, presque timide, qui touche sans trop en faire. L’écriture, traduite avec finesse, conserve une pudeur toute japonaise, mais avec une fluidité surprenante, presque occidentale. Un équilibre rare.

Bien sûr, on retrouve les ingrédients familiers du genre : un lieu refuge, des personnages cabossés, des livres en guise de baume… mais ici, rien n’est surjoué. Pas de scènes à grand effet, pas de tirades lacrymales ni de métaphores étirées. Juste la vie, dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus tenace.

Il y a dans ces pages un amour sincère pour les livres, pour leur odeur, leur poids, leur silence. Et derrière cela, l’idée discrète mais puissante que la littérature n’est pas là pour tout réparer — mais qu’elle peut, parfois, nous accompagner dans l’attente.

La librairie Morisaki est un roman à lire comme on prend le temps de flâner dans une ruelle ombragée, ou de laisser un rayon de soleil chauffer la paume de sa main. C’est un récit qui respire, qui console, qui ne cherche pas à briller — et c’est ce qui le rend si touchant.

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architecture

le Village d’Huaxi, Chine

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Je ne connaissais pas l’histoire de ce village, qui bât les records d’étonnement ! outre le visuel de ce « village » que je trouve d’un déprimant sans nom, la vie dans ce « village modèle » semble incroyable !

Se revendiquant « village le plus riche de Chine » (les habitant seraient tous milliardaires) cet endroit sorti de terre il y a plus de 50 ans cumule environ 30 000 habitants pour qui les frais de logement, de santé et d’éducation seraient gratuits. En contre partie on travaille 7 jours sur 7, 10 heures par jour ! les lumières sont éteintes à 22h00 le soir pour permettre à tout le monde de dormir en paix ! mais si vous quittez le village vous y laissez tous vos privilèges. La valeur travail est l’unique distraction que vous aurez !

ça fait rêver !

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Mes lectures

« Holly » Stephen KING

Je viens de finir « Holly » de Stephen KING.

Je me souviens de mon premier Stephen King comme d’un frisson fondateur. J’avais 14 ans, et c’est peu dire que depuis, l’homme n’a jamais quitté ma bibliothèque – ni mon imaginaire. J’ai grandi avec ses cauchemars, vieilli avec ses personnages, et appris à guetter, au-delà des ténèbres, cette lumière étrange qu’il sait si bien faire surgir. Lire un nouveau King, c’est comme retrouver une vieille route familière dont il aurait, encore une fois, déplacé les panneaux.

Et pourtant, avec « Holly », je n’étais pas tout à fait prête à ce qu’il me prenne autant par surprise. Comment KING arrive-t-il encore à nous surprendre avec une « terreur » inédite ? je pensais qu’avec cet auteur tous les terrains de l’horreur avaient été foulés, que nenni ! Une nouvelle fois il franchit une contrée inexplorée et ce n’est pas pour nous déplaire.

Ce roman marque un virage plus feutré, plus introspectif, tout en gardant cette tension si caractéristique de son style. Ce n’est pas l’horreur explosive de ses débuts, ni le fantastique pur de ses grandes sagas, mais une sorte de vérité troublante qui s’immisce doucement, presque discrètement, jusqu’à nous coller à la peau. C’est un King mature, affûté, presque minimaliste… et pourtant toujours aussi redoutable.

Holly le personnage central – que les habitués retrouveront avec un plaisir certain – est porté par une justesse d’écriture et une sensibilité qui m’ont profondément touchée. On sent que l’auteur, loin de se reposer sur sa légende, continue d’explorer, de sonder, de chercher ce qui fait vibrer l’âme humaine. Et il le fait ici avec une précision presque chirurgicale. Stephen King écrit comme s’il connaissait ses lecteurs un à un, comme s’il murmurait directement à notre oreille.

Alors oui on pourra reprocher au Maître dans « Holly » d’appuyer un peu trop avec son stylo sur son aversion du président Trump et sa politique. Tout comme dans ce roman la Covid prend une place à part entière qui pourrait laisser deviner l’angoisse que King a vécue pendant la pandémie.

Ce roman, je l’ai lu avec la fébrilité d’une ado, mais aussi avec l’œil plus lucide de la lectrice que je suis devenue. Et j’y ai retrouvé tout ce que j’aime chez lui : une tension subtile, des personnages d’une grande humanité, une critique sociale fine, et cette plume si reconnaissable, où la simplicité cache souvent une immense profondeur.

« Holly » c’est Stephen King qui ne cherche plus à prouver quoi que ce soit – il raconte, et c’est amplement suffisant. C’est un livre qui ne crie pas, mais qui résonne longtemps.

Et vous savez quoi ? J’en redemande.

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